Le fait qu'un film d'horreur soit bon ou mauvais dépend de dizaines de facteurs, et l'un des plus critiques est la musique. Certains films du genre sont restés dans l'histoire grâce à leur impressionnante bande sonore, et s'il y a quelqu'un qui s'y connaît, c'est le compositeur canadien Mark Korven, connu pour son travail sur Cube et The Witch. Lassé des mêmes échantillons numériques, Korven a commandé la construction de «El Motor de la Aprensión», une machine capable de générer des sons horribles... et en même temps merveilleux.
Si quelqu'un évoque «Psychose», la première chose qui me vient à l'esprit... c'est le violon. Alfred Hitchcock lui-même a dit que «33 %» de l'effet de Psychose était dû à sa bande sonore, mais le plus frappant est qu'au début, le réalisateur ne voulait pas de musique dans cette fameuse scène de la douche. Désormais, créer des sons pour un film d'horreur n'est pas du tout simple. La musique doit se ressentir sur la peau, se comprimer comme un ressort, et surgir au moment exact. Chaque bruit et effet accompagnent la tension, l'incertitude et la vulnérabilité que subissent les personnages. Inutile de dire que la numérisation a permis aux experts d'économiser du temps et de l'argent avec des outils très robustes; cependant, on trouve aussi ceux qui préfèrent un développement plus «artisanal», si l'on veut. L'un de ces compositeurs est Mark Korven, et son jouet préféré est El Motor de la Aprensión.
Cordes, règles, tiges, aimants, une roue... à première vue, El Motor de la Aprensión ressemble à une improvisation de week-end, mais cela se dissipe lorsque Korven commence à créer des sons. Sinistres. Horrifiques. Fabuleux. Ennuyé par les échantillons numériques disponibles, Korven a pris contact avec son ami, le fabricant de guitares Tony Duggan-Smith. Ce qu'il lui a demandé était «quelque chose de plus acoustique et expérimental», mais qui au final est très éloigné d'une guitare traditionnelle. Duggan-Smith n'a pas hésité à fouiller les placards et les tiroirs à outils pour obtenir les pièces nécessaires, et le résultat est un véritable générateur de cauchemars.
El Motor de la Aprensión a explosé sur le Web. De nombreux utilisateurs veulent que Duggan-Smith partage les plans, et d'autres demandent où l'on peut l'acheter. Il est important de souligner qu'au-delà de sa fabrication, un instrument n'est bon que si celui qui le joue est bon, et Korven n'est pas un débutant, mais il n'est pas difficile de comprendre l'attraction qu'il suscite. Combien de projets indépendants pourraient être optimisés avec une de ces machines... ?
(N.d.l.R. : petit détail de traduction. L'anglais utilise « apprehension » comme équivalent de « peur », tandis que « aprensión » est plus en accord avec « méfiance, rejet, scrupule ».)