GTALPR est un mod gratuit et open source de Grand Theft Auto V, créé par l’artiste Morry Kolman, qui installe 235 caméras de lecture automatique des plaques — ou ALPR — inspirées de Flock dans Los Santos. Elles photographient le joueur, peuvent provoquer une réaction policière fictive et deviennent même des cibles à détruire contre 600 dollars virtuels chacune.

L’idée est simple et plutôt piquante : faire ressentir la densité d’un réseau de surveillance au lieu de se contenter d’en parler. Mais GTALPR reste une œuvre de fiction jouable. Ses règles ne décrivent pas le fonctionnement réel des systèmes Flock Safety et le mod n’est affilié ni à Flock Safety ni à Rockstar Games.

Ce que GTALPR ajoute à GTA V

GTALPR place ses 235 caméras dans Los Santos, la ville fictive de l’univers de Grand Theft Auto V. Le dispositif reprend l’apparence générale de caméras Flock et ajoute une couche de surveillance à la circulation habituelle du jeu.

ALPR signifie automated license plate reader, soit « lecteur automatique de plaques d’immatriculation ». Dans le mod, entrer dans le champ de vision d’une caméra peut déclencher une photographie du joueur. L’interface peut ensuite afficher des informations de caméra et d’identification dans la mise en scène policière du jeu.

Le projet a été annoncé et proposé au téléchargement le 9 septembre 2026. Son code source est public et le mod est présenté comme gratuit et open source. La distribution passe notamment par GitHub Releases et GTA5-Mods.com.

Caméras, photos et réactions de la police

GTALPR ajoute 235 caméras inspirées de Flock à GTA V

La mécanique la plus maligne de GTALPR tient à son incertitude. Chaque caméra possède une probabilité annoncée de 1 sur 20, soit 5 %, de déclencher une poursuite de police alors qu’aucune infraction apparente n’a été commise. Si le joueur est déjà poursuivi, une caméra peut aussi prolonger le délai de récupération de la police.

Ce n’est donc pas seulement une carte décorée de caméras. Le réseau modifie la façon de circuler dans Los Santos : prendre une rue, traverser un carrefour ou repasser dans une zone surveillée peut produire une conséquence inattendue. Le jeu transforme ainsi la surveillance en friction permanente — petite, aléatoire, mais difficile à ignorer.

La destruction des caméras ajoute une autre mécanique très Grand Theft Auto : chaque appareil détruit rapporte 600 dollars virtuels. Cette somme ne correspond pas au prix réel d’une caméra ni à une rémunération réelle. Elle reprend une estimation de la valeur des composants d’une caméra Flock Falcon Flex pour créer une récompense dans l’économie fictive du jeu.

Le mod ne s’arrête pas à la chasse aux caméras déjà installées. Son panneau de contrôle permet aussi de placer manuellement ses propres appareils et d’enregistrer ces configurations entre les sessions. Les joueurs peuvent capturer des images lorsqu’un véhicule entre dans le champ d’une caméra, rendre les résultats et choisir plusieurs formats, dont l’original, le 4:5 et le 9:16.

Pour celles et ceux qui aiment transformer chaque activité en contre-la-montre, GTALPR prévoit également des objectifs de vitesse pour 10 caméras, 50 caméras ou l’ensemble du réseau. Le panneau de contrôle s’ouvre avec F7 au clavier, ou avec RB et la flèche haut de la croix directionnelle lorsque le personnage est à l’arrêt.

Une critique de la surveillance rendue jouable

Morry Kolman ne présente pas GTALPR comme une simple extension policière. Le projet cherche à rendre sensible la présence d’un réseau de caméras dans un espace que le joueur connaît déjà. Los Santos devient une sorte de laboratoire : on y conduit, on y fuit la police, on y recommence les mêmes trajets… et l’on découvre que les points de vue surveillés s’accumulent.

C’est là que le mod trouve sa force. Un article peut expliquer ce qu’est un réseau ALPR ; GTALPR, lui, fait passer l’idée par une boucle de jeu. La caméra n’est plus un élément de décor : elle devient une règle qui peut interrompre le trajet, prolonger une poursuite ou récompenser une destruction.

Cette transposition ne doit toutefois pas être prise pour une simulation technique des systèmes réels. Dans GTA V, la caméra peut déclencher une poursuite selon une règle fixée par le mod. Ce 5 % est une mécanique de jeu, pas une mesure du taux d’erreur d’un système ALPR réel. De même, les images et les surimpressions reprennent un langage visuel de surveillance sans établir à elles seules comment fonctionnent les infrastructures de Flock Safety.

Ce que montre la capture de jeu

La capture présente une voiture arrêtée à un carrefour résidentiel de Los Santos, sous une installation de caméra montée près d’un poteau. L’interface affiche notamment les mentions « Flock », « GTALPR » et « Los Santos Police Department », ainsi que des informations de caméra et un nom de suspect dans la logique fictionnelle du jeu.

Elle montre surtout le point de vue choisi par le mod : une scène ordinaire, une voiture ordinaire, puis une couche de métadonnées qui transforme la rue en espace observé.

Une satire, pas une extension officielle

GTALPR met ensemble plusieurs éléments qui appartiennent habituellement à des registres différents : une infrastructure de surveillance inspirée du réel, les poursuites policières de Grand Theft Auto et une récompense en monnaie virtuelle. Le résultat est volontairement inconfortable, mais il reste encadré par les règles du jeu.

Le projet n’est pas affilié à Flock Safety et n’est pas endossé par Rockstar Games. Cette séparation compte : le mod utilise une référence visuelle et politique identifiable pour construire sa critique, sans devenir pour autant un produit officiel de l’une ou l’autre entreprise.

Pour les joueurs, l’intérêt de GTALPR ne se résume donc pas à gagner de l’argent virtuel ou à compléter une nouvelle série d’objectifs. Le mod propose une autre manière de parcourir Los Santos : en se demandant non plus seulement où aller, mais combien de fois le trajet sera enregistré avant l’arrivée. C’est une mécanique de jeu simple, et une idée de surveillance qui, elle, reste difficile à esquiver.