La sécurité informatique traverse l'un de ses moments les plus délicats. Des bugs qui restent non corrigés pendant des années, des superattaques capables d'affecter la moitié d'Internet, un manque de mises à jour, des politiques déplorables… la liste est longue. Face à un niveau de menaces toujours croissant, l'idée de concevoir un système d'exploitation à partir de zéro n'est plus si farfelue, mais elle exige d'immenses ressources. Apparemment, Kaspersky poursuit cet objectif depuis plusieurs années et vient de l'atteindre avec son tout nouveau Kaspersky OS.
La sécurité de Linux en question
Les experts du noyau Linux débattent de sur sa sécurité. La prétendue Internet des objets est en réalité l'Internet des zombies, de nouvelles formes de malware peuvent créer des botnets géants à très faible coût, le ransomware progresse… Tout est-il donc cassé ? La sécurité informatique est-elle un château de cartes attendant qu'on éternue ? L'utilisateur final a déjà assez de soucis, mais regardons le monde de l'entreprise. Bases de données, guichets automatiques, commerce électronique, home banking… nos vies numériques se déroulent dans des environnements hors de notre contrôle, qui s'exécutent sur des infrastructures susceptibles d'être attaquées à tout moment. Cela dépasse déjà la paranoïa. Un ordinateur portable et une connexion de 20 mégabits par seconde peuvent mettre à genoux un serveur mal configuré. De nombreuses solutions ont été proposées, notamment « faire table rase » et créer un système d'exploitation avec la sécurité comme priorité. Cela dit, faisons une place à Kaspersky OS.
Kaspersky OS, un système pour les infrastructures critiques
L'idée d'un système d'exploitation dédié n'est pas nouvelle, donc Kaspersky OS arrive relativement tard dans la partie, mais son développement a généré des rumeurs et des spéculations pendant des années. Eugene Kaspersky a parlé du projet pour la première fois en octobre 2012 si ma mémoire est bonne, mais c'est mardi dernier que les premières images du système d'exploitation et du matériel sur lequel il s'exécute ont été révélées. Cependant, Kaspersky OS n'est pas destiné à l'utilisateur final. Son objectif n'est pas de remplacer Windows, OS X ou les multiples distributions Linux que l'on peut télécharger aujourd'hui. Kaspersky OS veut occuper une place privilégiée dans les plateformes embarquées (ce que l'on voit sur les images est un switch Layer 3), les machines industrielles et bien sûr l'Internet des objets.
Kaspersky OS repose sur une architecture à micro-noyau, donc sa relation avec Linux est nulle. Son mécanisme de sécurité est entièrement lié aux modules du système d'exploitation et à ses applications, mais le texte suggère aussi l'existence de signatures numériques, que nous espérons ne jamais voir fuiter sur le Web. Selon Eugene Kaspersky, la société a imaginé son propre système d'exploitation il y a quatorze ans. Aujourd'hui, il l'a entre les mains. Combien de temps avant qu'il arrive sur le marché ? Quelle licence adoptera-t-il ? Son code sera-t-il audité ? Beaucoup de questions, mais les détails s'arrêtent ici.