Aux États-Unis, CyberSN a recensé 2 409 annonces d’AI Security Engineer entre janvier et septembre 2026, en hausse de 268,3 % sur un an. Dans le même temps, les annonces de cybersécurité prises dans leur ensemble ont reculé de 26,4 %. Ces chiffres comptent des offres publiées, pas des embauches ni des personnes en poste.
Ce que mesurent les annonces américaines
| Série CyberSN | Annonces, janvier-septembre 2026 | Variation sur un an |
| Cybersécurité, toutes catégories suivies | 235 786 | −26,4 % |
| AI Security Engineer | 2 409 | +268,3 % |
CyberSN a extrait les données le 7 octobre 2026. Le rapport s’appuie sur des annonces collectées par JobSpikr, dédupliquées puis classées selon les fonctions demandées. La série AI Security Engineer correspond à une catégorie de rôles dans ce corpus ; elle ne se confond pas avec toutes les offres mentionnant l’IA et ne s’ajoute pas au total général.
Cette distinction compte : les termes liés à l’IA ou au machine learning figuraient dans 14,6 % des annonces de janvier à septembre 2026, contre 15,1 % sur les mêmes mois de 2025. En septembre 2026, cette part atteignait 20 %. Une mention de l’IA dans une offre ne signifie pas qu’il s’agit d’un poste spécialisé en sécurité de l’IA.
Sécuriser les modèles, les données et les applications
Un ingénieur en sécurité de l’IA cherche les failles propres aux systèmes d’IA et met en place des protections. CyberSN cite notamment l’injection de prompt, qui consiste à introduire des consignes malveillantes dans le contexte d’un modèle, le contournement de ses garde-fous, l’empoisonnement des données d’entraînement, l’extraction de modèles et la fuite d’informations dans les réponses.
Le travail peut porter sur les modèles, les données d’entraînement, les poids du modèle, les points d’accès utilisés pour l’inférence et les composants tiers de la chaîne d’approvisionnement. Les tâches comprennent des tests adversariaux avant ou après le déploiement, ainsi que la mise en place de garde-fous, de filtres et de contrôles d’accès. Les environnements cités par CyberSN incluent PyTorch, TensorFlow, les pipelines MLOps, les services d’IA dans le cloud et les bases de données vectorielles. Le guide classe ce métier dans la défense et au niveau intermédiaire.
Des missions et des exigences propres à chaque employeur
Les annonces de Microsoft, MITRE et DigitalOcean illustrent trois périmètres différents. Microsoft met l’accent sur l’évaluation contrôlée de modèles et d’agents : concevoir des tests, mesurer leur comportement, recueillir de la télémétrie et contenir les expériences dans des environnements sécurisés. MITRE cible l’IA adversariale et les systèmes gouvernementaux. Le poste de niveau principal chez DigitalOcean associe sécurité produit, tests adversariaux, gouvernance et communication avec la direction.
| Employeur et poste | Missions annoncées | Expérience et conditions indiquées | Rémunération annuelle annoncée (USD) |
| Microsoft, Security Research IC3 et IC4 | Évaluation contrôlée de modèles et d’agents, tâches d’analyse de vulnérabilités, expériences et confinement en cyber-range. | Pour les postes concernés : master pertinent et au moins un an d’expérience, licence pertinente et au moins deux ans, ou expérience équivalente. | IC3 : 102 100 à 202 200 $ à l’échelle nationale ; 133 800 à 219 200 $ dans les régions métropolitaines de San Francisco et New York. IC4 : 119 800 à 234 700 $ à l’échelle nationale ; 160 200 à 261 000 $ dans ces deux régions. Il s’agit de salaires de base. |
| MITRE, AI Security Engineer | Analyse des menaces liées à l’IA adversariale, développement de défenses et intégration de solutions d’IA dans des systèmes gouvernementaux. | Licence et au moins deux ans d’expérience en IA, diplôme avancé avec expérience pertinente, ou combinaison équivalente. Citoyenneté américaine requise pour l’éligibilité à l’habilitation ; capacité à obtenir une TS/SCI avec CI poly sous un an ; présence sur site au moins trois jours par semaine. | 121 600 à 182 400 $ ; point médian de 152 000 $. |
| DigitalOcean, Principal Engineer, AI/ML Security | Sécurité produit, tests adversariaux, modélisation des menaces, gouvernance et échanges avec la direction. | Plus de 10 ans en cybersécurité, dont 4 à 5 ans en sécurité de l’IA ou du machine learning, en apprentissage automatique adversarial ou en science des données appliquée à la sécurité. Python et Go figurent parmi les compétences demandées ; poste à distance. | 230 400 à 288 000 $. |
Ces fourchettes sont propres aux annonces et aux niveaux indiqués. Elles ne permettent pas de calculer un salaire moyen ou médian pour l’ensemble du métier aux États-Unis. Les écarts entre les exemples tiennent notamment au niveau du poste, à l’employeur et, pour Microsoft, à la zone géographique.
Parcours et compétences à examiner
CyberSN décrit plusieurs voies d’accès au métier, depuis l’ingénierie de sécurité, la sécurité applicative ou l’ingénierie du machine learning. Selon son guide, il faut comprendre comment les systèmes d’apprentissage automatique sont construits et déployés, sans nécessairement être chercheur en IA. AIGP, AAISM et CISSP figurent parmi les certifications associées au rôle ; CyberSN indique qu’aucune n’est universellement exigée et que l’expérience pratique compte au moins autant dans ses échanges avec les recruteurs.
Dans une vidéo publiée le 8 avril 2026, Josh Madakor a présenté son analyse personnelle de 100 annonces combinant cybersécurité et IA. Il a indiqué que le machine learning apparaissait dans 57 % de son échantillon et la gouvernance de l’IA dans 50 %. Ces proportions décrivent son échantillon, distinct du corpus de CyberSN.
Le niveau d’entrée varie lui aussi selon les annonces. CyberSN qualifie le poste de niveau intermédiaire ; son estimation de 9,5 % d’offres de début de carrière concerne l’ensemble plus large des annonces de cybersécurité suivies, pas la catégorie AI Security Engineer. Pour évaluer un poste précis, les conditions de diplôme ou d’expérience, d’habilitation et de présence sur site changent donc concrètement le profil recherché.