WannaCry a fait des ravages. Nous en ressentons encore les effets, et les experts s'accordent à dire que ce n'était que le premier assaut. Microsoft avait corrigé la vulnérabilité en mars, et avait même publié des correctifs hors bande pour les systèmes d'exploitation non pris en charge, mais si pour une raison quelconque ces hotfixes ne peuvent pas atteindre vos terminaux, le Centre cryptologique national basé à Madrid a publié NoMoreCry, un script dont l'objectif est empêcher l'infection par WannaCry en premier lieu.
Tout semble indiquer que le monde s'intéresse désormais beaucoup au ransomware. Malheureusement, il a fallu la chute de Telefónica, le système de santé britannique, et près d'un quart de million d'ordinateurs dans 150 pays. Depuis plusieurs années, les médias spécialisés avertissent du danger du ransomware, mais la plupart de ces avertissements étaient considérés comme exagérés ou à la limite de la paranoïa. La fête est finie. Le coup de WannaCry a été brutal, et personne ne rit lorsqu'une ambulance doit être redirigée vers un autre hôpital parce que les terminaux du premier établissement sont bloqués. La réponse de Microsoft a été satisfaisante, mais son correctif hors bande pour XP nous rappelle que les cycles de mise à jour sont encore loin d'être terminés. C'est ainsi que nous arrivons à NoMoreCry, un «vaccin numérique» créé par le Centre cryptologique national de Madrid.
Le fonctionnement de NoMoreCry
En substance, il s'agit d'un mutex, un verrou si vous voulez. Le script cherche à bloquer l'exécution de WannaCry sur le terminal et, par extension, à éviter le chiffrement des fichiers personnels. Le rapport officiel du CCN est très complet, et nos recommandations de base sont en ligne avec ce qui y est exposé, mais NoMoreCry sert de dernier recours pour les terminaux vulnérables qui ne peuvent pas être protégés de manière traditionnelle.
NoMoreCry comporte deux avertissements. Premièrement, il ne sert pas à déchiffrer des fichiers ni à nettoyer des systèmes infectés par WannaCry. Son rôle est la prévention, rien de plus. Deuxièmement, il n'a pas de persistance sur l'ordinateur ; l'administrateur devra donc configurer son exécution à chaque démarrage du système d'exploitation.
La bonne nouvelle est que NoMoreCry étend sa compatibilité jusqu'à Windows 2000. Plusieurs portails de statistiques ont cessé d'enregistrer Windows 2000 en raison de sa faible part de marché, mais si WannaCry a prouvé quelque chose, c'est qu'il reste encore des terminaux très anciens connectés au réseau...