Le Lenovo Yoga 9n 2-en-1 est le premier portable NVIDIA RTX Spark montré en situation : un convertible Windows sur Arm avec écran OLED tactile de 16 pouces, charnière à 360 degrés et jusqu’à 64 Go de mémoire unifiée. Avec le Yoga Pro 9n, il inaugure une nouvelle famille de machines qui associe un CPU Grace, un GPU Blackwell et la pile logicielle CUDA dans un seul SoC. Le lancement mondial est prévu pour octobre 2026, mais aucun prix officiel ni calendrier de commercialisation précis pour la France n’est annoncé.
RTX Spark expliqué : un SoC Arm qui mise sur CUDA
RTX Spark n’est pas une simple carte graphique pour portable. Il s’agit d’une plateforme pour PC Windows sur Arm qui réunit dans une même puce un CPU Grace, un GPU RTX basé sur l’architecture Blackwell et une mémoire unifiée. Cette dernière est partagée par le processeur et la partie graphique : les deux peuvent donc travailler sur les mêmes données sans les copier entre des mémoires séparées.
La configuration supérieure annoncée atteint 20 cœurs CPU Grace, 6 144 cœurs CUDA et jusqu’à 128 Go de mémoire LPDDR5X unifiée. Une configuration inférieure est annoncée avec 18 cœurs CPU, 5 120 cœurs CUDA et 24 à 32 Go de mémoire. Ces chiffres décrivent la plateforme RTX Spark dans son ensemble ; ils ne signifient pas que chaque portable Lenovo proposera 128 Go.
L’autre pièce maîtresse est CUDA, l’écosystème logiciel de NVIDIA utilisé par de nombreux outils d’IA et de création. NVIDIA positionne RTX Spark pour les agents locaux, le développement CUDA, les applications créatives, le montage vidéo et le jeu en 1440p. C’est donc un PC Windows haut de gamme orienté vers l’IA et la production, pas un portable gaming classique auquel on aurait simplement ajouté une puce graphique.
Les deux Lenovo : deux usages, deux formats
Lenovo a identifié deux machines RTX Spark : le Yoga Pro 9n, au format classique, et le Yoga 9n 2-in-1, convertible. Le premier privilégie la mémoire et l’extension du stockage ; le second ajoute la polyvalence d’un écran tactile et d’une charnière à 360 degrés.
| Modèle | Écran | Mémoire unifiée | Batterie | Stockage | Poids |
| Lenovo Yoga Pro 9n | OLED 15,3 pouces, 2 560 × 1 600, 48–165 Hz, HDR 1 100 nits | Jusqu’à 128 Go LPDDR5X-9400 | 92,5 Wh | Deux emplacements SSD, jusqu’à 4 To au total, options PCIe Gen 4 et Gen 5 | 1,65 kg |
| Lenovo Yoga 9n 2-in-1 | OLED tactile 16 pouces, 2 880 × 1 800, 30–120 Hz, HDR 1 100 nits | Jusqu’à 64 Go LPDDR5X-9400 | 99,9 Wh | Jusqu’à 2 To, SSD PCIe Gen 4 QLC | 1,94 kg |
Les deux modèles peuvent recevoir jusqu’à 20 cœurs Grace et 6 144 cœurs Blackwell CUDA, selon leur configuration. Le Yoga Pro 9n se distingue par ses deux emplacements SSD et ses 128 Go de mémoire maximale. Le Yoga 9n 2-in-1, lui, propose une webcam infrarouge de 9,2 mégapixels, le Wi-Fi 7, le Bluetooth 5.4 et un stylet Yoga Pen Gen 2.
La vidéo tournée à l’IFA montre notamment le lecteur SD pleine taille du Yoga Pro 9n et la barre de son intégrée à la charnière du modèle convertible. Elle donne aussi une idée plus concrète de leurs ports, de leur clavier et de leurs formats, sans constituer un test de performances.
Ce que RTX Spark veut changer pour l’IA, la création et le jeu
Le pari de NVIDIA est de faire fonctionner davantage de traitements directement sur le PC. La mémoire unifiée de grande capacité doit notamment faciliter l’exécution de modèles d’IA locaux et d’outils de génération d’images ou de vidéos, tandis que CUDA donne aux développeurs et aux logiciels compatibles accès aux accélérations RTX.
Pour les créateurs, l’intérêt potentiel est clair : disposer d’un GPU Blackwell et de beaucoup de mémoire dans un portable relativement fin, sans dépendre systématiquement d’un service distant. Pour les développeurs, l’environnement CUDA constitue l’argument central. Pour les joueurs, les technologies RTX, DLSS, Reflex et G-SYNC sont annoncées comme compatibles, mais NVIDIA présente ces machines d’abord comme des outils d’IA, de création et de productivité.
Les démonstrations et les déclarations de NVIDIA ne remplacent toutefois pas des mesures sur des modèles vendus au public. Les performances en jeu, la vitesse des modèles locaux, la température, l’autonomie réelle et la compatibilité des logiciels Windows sur Arm restent les points à examiner avant de considérer RTX Spark comme une valeur sûre. Une grosse fiche technique ne suffit pas toujours : le logiciel décide souvent de la victoire… ou du retour au chargeur.
Date de lancement et prix : les deux grandes inconnues
NVIDIA annonce un début de lancement mondial en octobre 2026 pour les portables et les petits ordinateurs RTX Spark. Cette fenêtre concerne la plateforme ; elle ne fixe pas la date d’expédition de chaque configuration Lenovo ni sa disponibilité en France.
Le prix officiel du Yoga Pro 9n et du Yoga 9n 2-in-1 n’est pas communiqué. Les estimations qui circulent en dollars ne constituent pas des tarifs Lenovo ou NVIDIA et ne permettent pas de déduire un prix en euros. Pour l’instant, impossible donc de savoir si ces machines se situeront face aux ultraportables premium, aux stations de travail mobiles ou à une catégorie encore plus chère.
Ce qu’il faudra vérifier avant de choisir
Pour un acheteur français, trois critères seront particulièrement importants lorsque les fiches commerciales seront disponibles :
- La compatibilité logicielle : Windows sur Arm progresse, mais les applications et les jeux doivent encore être évalués au cas par cas, notamment lorsqu’ils dépendent de pilotes ou de composants spécifiques.
- L’autonomie réelle : les capacités de 92,5 Wh et 99,9 Wh sont élevées, mais elles ne donnent pas à elles seules une durée d’utilisation. La consommation du CPU, du GPU et des tâches d’IA fera la différence.
- Le rapport entre les usages et le prix : les 128 Go du Yoga Pro 9n peuvent avoir du sens pour les modèles d’IA, la création ou le développement CUDA. Pour de la bureautique et du jeu occasionnel, cette réserve de mémoire pourrait être difficile à rentabiliser.
Le Yoga 9n 2-in-1 s’adresse surtout à ceux qui veulent combiner grand écran OLED, stylet et format convertible. Le Yoga Pro 9n paraît plus logique pour les créateurs et développeurs qui privilégient la mémoire, le stockage et un châssis classique. Dans les deux cas, le véritable verdict dépendra du prix, de la disponibilité française et des performances mesurées sur des logiciels réellement utilisés.
RTX Spark est donc une proposition ambitieuse : NVIDIA veut installer CUDA, Blackwell et l’IA locale dans des portables Windows sur Arm conçus pour autre chose que la simple mobilité. Les Lenovo Yoga 9n rendent cette promesse tangible, mais ils ne la valident pas encore. La prochaine étape sera moins spectaculaire que l’annonce : vérifier ce que ces machines font vraiment, combien elles coûtent et si leur écosystème logiciel suit.