Le 28 octobre 2026, la société de sécurité Parameter a rendu publique une faille dans les conversations partagées de ChatGPT et indiqué qu’OpenAI l’avait corrigée le 26 octobre. Lors d’un test contrôlé entre comptes distincts, ses chercheurs ont consulté une conversation privée et envoyé une partie de son contenu à un serveur qu’ils contrôlaient. Parameter

Parameter a précisé que son test n’avait pas porté sur des utilisateurs réels et n’a rapporté aucune exploitation réelle. La faille concernait des conversations partagées contenant un graphique et la fonction Preview.

Ce que Parameter a pu faire dans son test

Les chercheurs ont recensé les conversations récentes du compte, récupéré le contenu d’une conversation privée qui ne leur avait pas été partagée, puis transmis une partie des données à leur propre serveur, selon le récit de Parameter. Le test utilisait des comptes distincts.

Fallait-il cliquer sur Preview ? Dans la reproduction la plus stable de Parameter, oui : après avoir ouvert le lien partagé, le visiteur devait cliquer une fois sur Preview. Une variante ultérieure ouvrait automatiquement l’aperçu, si bien que l’ouverture du lien suffisait. Parameter dit avoir reproduit cette dernière variante trois fois, y compris après une actualisation forcée.

Comment la chaîne Preview–MathLive franchissait la frontière

Schéma en trois étapes reliant une conversation partagée, un message MathLive contenant du HTML brut et un cadre traité comme faisant partie de chatgpt.com.

Le graphique et l’aperçu d’une conversation partagée chargeaient MathLive dans la page principale de ChatGPT. Selon Parameter, un écouteur de messages de cette bibliothèque acceptait des messages provenant d’un autre cadre sans vérifier l’expéditeur, et permettait l’insertion de HTML brut. Ce code créait ensuite un cadre sans isolation, traité par le navigateur comme faisant partie de chatgpt.com. Le JavaScript pouvait alors s’exécuter dans la session ChatGPT déjà ouverte.

YouTube intervenait à la fin de la chaîne comme moyen de contourner la politique de sécurité du contenu, qui contrôle les ressources autorisées par une page. Parameter le présente comme un détour technique, pas comme la cause de la faille. Son analyse décrit les trois conditions qui ont rendu l’exploitation possible.

Les étapes du signalement et de la correction

Parameter dit avoir confirmé le chemin passant par MathLive dans le code de production le 13 octobre 2026, puis reproduit l’exécution de JavaScript le 14. Les chercheurs ont ensuite vérifié la livraison par un lien public entre comptes distincts le 16, puis l’ouverture automatique de Preview le 17.

Parameter a signalé la faille à OpenAI le 18 octobre et ajouté le test portant sur une conversation privée le 19. Selon son récit, OpenAI a reproduit le problème et relevé sa gravité de P2 à P1 le 21. Des mesures de correction ont suivi les 22 et 23 octobre. Le 26, les deux versions concernées du frontend web rejetaient les messages utilisés dans le test, et le problème a été marqué comme résolu. Parameter a publié son analyse le 28 octobre.