La science continue de progresser dans l'étude de nombreuses phobies et troubles, en cherchant à en déterminer l'origine et, si nécessaire, à développer des traitements adaptés. Une prétendue phobie qui a gagné du terrain ces dernières années est la trypophobie, qui désigne la peur des groupes de trous. De la tête de graine du lotus à la peau des fraises, en passant par les rayons de miel et une simple râpe à fromage, beaucoup de gens se sentent mal à l'aise face à ces motifs…
Le surdiagnostic et l'hypocondrie sont deux problèmes très importants dans le monde de la santé. Si les experts ne font pas preuve de suffisamment de prudence, presque n'importe quoi peut être transformé en maladie, et cela peut être aussi néfaste pour le patient qu'une condition légitime. Cela explique une certaine réticence à reconnaître de nouvelles maladies et phobies.
Malheureusement, le Web n'aide pas (un doigt tordu ? Sûrement un cancer), et ce qui arrive via les réseaux sociaux ne doit pas être pris trop au sérieux. Cependant, il y a un mot qui continue de revenir : Trypophobie.
Trypophobie : est-ce vraiment une phobie ?
Peur des trous. Ou plutôt, peur de groupes de trous qui peuvent être réguliers ou non. Il n'est pas nécessaire qu'ils soient ronds, car des «cas» de trypophobie ont été signalés pour des choses comme les rayons de miel ou les motifs rectangulaires de certaines gaufres. La première question à se poser est : sommes-nous vraiment face à une phobie ?
Les dernières études suggèrent que non. Comme les images partagent certains détails avec des organismes venimeux, l'hypothèse pointait vers une «association apprise», mais une équipe de scientifiques chinois représentant quatre universités a montré, en enseignant des images modifiées à des enfants d'âge préscolaire, que les réactions de dégoût sont liées uniquement aux caractéristiques visuelles d'un motif trypophobique, et non à son lien avec des animaux venimeux.
En d'autres termes, la trypophobie n'est pas une phobie, mais une réponse instinctive qui ne peut pas être «désapprendre». Peut-être que la prochaine étape pour les experts sera d'étudier la relation entre la trypophobie et la dermatopathophobie, qui est la peur des maladies, des lésions et d'autres affections de la peau.
La trypophobie est une réponse instinctive que l'on ne peut pas «désapprendre».