Le 26 octobre 2026, Anthropic, PBC a déposé auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur américain des marchés, un formulaire d’enregistrement S-1 en vue d’une introduction en Bourse. La société envisage une cotation de ses actions ordinaires de catégorie A au Nasdaq Global Select Market, sous le symbole ANT. Dans son annonce du même jour, elle indiquait que le nombre d’actions et la fourchette de prix n’étaient pas encore déterminés et que le document n’était pas entré en vigueur. Le S-1 d’Anthropic détaille aussi sa stratégie de calcul, ses contrats d’infrastructure, ses résultats financiers et ses projets en sciences de la vie.

Le dépôt public prolonge le dossier présenté dans notre précédent article sur le projet d’introduction en Bourse d’Anthropic ; le nouveau document expose les informations financières et opérationnelles de l’entreprise.

Un projet de cotation au Nasdaq sous le symbole ANT

Un formulaire S-1 est un document d’enregistrement utilisé aux États-Unis pour préparer une offre publique. Anthropic a présenté l’opération comme un projet de cotation au Nasdaq Global Select Market. Le dépôt du formulaire ne signifie pas que l’offre a été réalisée : dans son annonce du 26 octobre, Anthropic précisait que le S-1 n’était pas encore entré en vigueur.

Quatre familles de puces et des contrats pluriannuels

Anthropic décrit son calcul comme un pool commun réparti entre AWS Trainium, les TPU de Google, les GPU de NVIDIA et les GPU d’AMD. Une couche d’orchestration propriétaire répartit les charges de travail entre ces quatre familles pour optimiser le rapport entre prix et performances.

Le S-1 décrit aussi « Anthropic Direct », un modèle hybride dans lequel Anthropic loue des accélérateurs installés dans des centres de données dédiés exploités pour son compte, en complément du calcul en nuage. Les contrats mentionnés dans le document couvrent des structures et des échéances différentes. Les montants ci-dessous sont en dollars américains.

ContrepartieMontant et engagementÉchéance ou duréeStructure
Amazon110,0 milliards de dollars de dépenses minimalesDe mai 2026 à avril 2036Dépenses minimales prévues par l’accord
GoogleEnviron 114,5 milliards de dollars de dépenses minimalesD’avril 2026 à juillet 2033Dépenses minimales prévues par l’accord
GoogleEstimation de 125 à 150 milliards de dollars pour une capacité TPU supplémentaireCapacité attendue entre 2028 et 2031Dépend de la livraison et du déploiement
MicrosoftAu moins 44,9 milliards de dollarsDe novembre 2026 à mai 2033Engagement de dépenses minimal
SpaceXAIJusqu’à 120,5 milliards de dollarsJusqu’en 2029Montant maximal indiqué pour les accords
NscaleJusqu’à environ 44,6 milliards de dollarsJusqu’en 2033Montant maximal indiqué pour les accords
LambdaEnviron 41,3 milliards de dollarsJusqu’en 2034Montant indiqué pour les accords
BroadcomEnviron 161,2 milliards de dollars de loyers, hors intérêtsSur cinq ansBaux d’équipements ; le loyer commence généralement lorsque le matériel est prêt à être mis en service, sous réserve d’exceptions

Ces montants ne forment pas un total directement additionnable : le tableau réunit des dépenses minimales, des plafonds, une estimation conditionnelle et des loyers, soumis à des modalités différentes. Les engagements liés à la livraison, à l’acceptation, à l’annulation et aux paiements varient selon les contrats.

Les pertes du premier semestre ont des bases différentes

Pour les six mois clos le 30 juin 2026, Anthropic a déclaré un chiffre d’affaires de 16,286 milliards de dollars, une perte opérationnelle de 693 millions et une perte nette de 80,748 milliards. La perte opérationnelle mesure le résultat des activités ; la perte nette inclut aussi d’autres postes comptables et financiers.

MesureMontantPériode et base
Chiffre d’affaires16,286 milliards de dollarsSix mois clos le 30 juin 2026
Perte opérationnelle693 millions de dollarsSix mois clos le 30 juin 2026
Perte liée aux variations de juste valeur des obligations convertibles, des passifs dérivés et des accords SAFE72,388 milliards de dollarsSix mois clos le 30 juin 2026
Autres produits et charges, netsPerte de 8,757 milliards de dollarsSix mois clos le 30 juin 2026
Perte nette80,748 milliards de dollarsSix mois clos le 30 juin 2026

Parmi les postes qui contribuent à l’écart entre les deux pertes, le S-1 détaille les variations de juste valeur des obligations convertibles, des passifs dérivés et des accords SAFE. Le document indique aussi un résultat opérationnel positif de 974 millions de dollars pour les trois mois clos le 30 juin 2026, une période plus courte que le semestre.

Une clientèle nombreuse, avec des seuils de revenus élevés

Au 30 septembre 2026, Anthropic comptait plus de 11 900 organisations clientes générant au moins 100 000 dollars de revenus sur douze mois glissants, plus de 1 900 au-dessus d’un million de dollars et environ 250 au-dessus de 10 millions. Pour les neuf mois clos le même jour, aucune cliente ne représentait plus de 10 % du chiffre d’affaires ; les cinq premières en représentaient environ 25 %.

Anthropic déclarait également un taux de rétention nette du chiffre d’affaires d’environ 900 % au 30 septembre 2026. Son calcul exclut les abonnés à Claude Pro et Max, dont les tarifs fixes ne reflètent pas les variations de revenus mesurées par cet indicateur.

Des droits de vote spécifiques encadrent la gouvernance

Selon le S-1, une unique action de catégorie F détenue par Founder LLC donne droit à 50,1 % du pouvoir de vote sur les questions généralement soumises aux actionnaires. Les actions de catégorie T donnent au Long-Term Benefit Trust le pouvoir général de nommer et de révoquer la majorité des sièges autorisés au conseil d’administration.

Les investissements en sciences de la vie restent tournés vers la recherche

Dans ce reportage en anglais, Kieran Meadows présente pour Forbes certains chiffres financiers du S-1 et des risques liés aux travaux biologiques

Anthropic dit avoir recruté des spécialistes des sciences de la vie, construit un laboratoire de biologie moléculaire, acquis Coefficient Bio et noué des partenariats avec des acteurs du secteur. La société décrit aussi l’utilisation de Claude dans la découverte et le développement de médicaments.

Le S-1 souligne que ces activités exigent des travaux de laboratoire, des matériaux biologiques et chimiques et le respect de règles réglementaires. Anthropic avertit que d’éventuels candidats médicaments pourraient ne jamais générer de revenus et que leur développement et leur parcours réglementaire peuvent être longs, coûteux et incertains.