Mettons de côté les drones qui chassent les drones, les bazookas, les aigles dressées, et les amateurs d'armes qui s'entraînent dans leur arrière-cour. La manière la plus efficace et la plus sûre de limiter la portée d'un drone est de pirater son système et d'en prendre directement le contrôle pendant qu'il est en l'air. C'est exactement ce que peut faire Icarus, compatible avec le protocole de communication populaire DSMx. Une fois piraté, le pilote d'origine est isolé, mettant en évidence les graves problèmes de sécurité des drones.

Icarus : un nouveau système pour détourner des drones en plein vol
Icarus

En août dernier, une femme de l'État de Virginie a abattu d'un coup de fusil un drone appartenant à deux paparazzis qui cherchaient à photographier la propriété où vit l'acteur Robert Duvall. Selon les informations, aucune accusation n'a été déposée, mais cette situation se répète dans le monde entier, et surtout de l'autre côté de l'Atlantique : beaucoup de gens ne veulent pas voir de drones, et leurs actions pour les éloigner pourraient «déclencher» un conflit juridique. Après tout, la capacité d'un fusil à transformer un objet potentiellement dangereux en plusieurs morceaux a déjà été démontrée, et quelqu'un va finir blessé, ce n'est qu'une question de temps. L'alternative, bien que cela puisse sembler incroyable, exploite les graves failles de sécurité des drones. Ordonner leur atterrissage n'est que le début. Désormais, on peut les détourner en plein vol.

Le système Icarus

Le nouveau système baptisé Icarus a été présenté par Jonathan Andersson lors de la dernière édition de la conférence PacSec. Les détails techniques spécifiques ne sont pas disponibles, mais ce que l'on sait, c'est qu'Icarus attaque les drones qui utilisent le protocole de communication DSMx. Le fonctionnement d'Icarus exploite une faille dans DSMx qui n'obfusque pas correctement une information partagée entre le duo émetteur-récepteur. Le «secret» peut être reconstruit par une simple observation du protocole, et un peu de force brute. S'ajoute à cela une vulnérabilité aux attaques de timing qui permet l'injection d'un paquet malveillant, ce qui amène le récepteur à accepter de nouvelles informations de contrôle. La combinaison de ces deux facteurs mène au détournement effectif du drone.

Pour le moment, Icarus n'est pas quelque chose que l'on achète en magasin, et les experts ont déjà souligné les limites de sa portée (drones et véhicules radiocommandés utilisant DSMx), mais l'histoire est loin d'être terminée. DSMx est un protocole extrêmement populaire, ce qui complique toute stratégie de mise à jour. Seule une poignée d'émetteurs permettent des mises à jour de leur firmware, mais ce sont les récepteurs qui ont réellement besoin d'un correctif. La réponse de Horizon Hobby, la société qui licence DSMx, a frisé le ridicule. Personne dans son service des relations publiques n'a été autorisé à répondre, et toute question devait être adressée au service juridique.

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