Le 13 octobre 2026, l’Agence spatiale européenne (ESA) indique que deux modèles de développement de l’EMS-L ont été assemblés et testés avec succès. Destiné à la mission lunaire LUPEX, ce spectromètre doit étudier l’exosphère de la Lune et les substances volatiles associées aux déplacements et aux forages du rover. L’ESA détaille le développement de l’instrument et ses objectifs.

Deux modèles, deux rôles techniques

Les modèles représentent des aspects différents de l’instrument. Le modèle d’essai d’ingénierie sert à représenter ses fonctions et ses interfaces numériques. Le modèle structurel thermique reproduit sa forme, ses interfaces mécaniques ainsi que ses propriétés thermiques et structurelles.

L’étape suivante annoncée par l’ESA consiste à vérifier au Japon les interfaces mécaniques, thermiques, électriques et de données entre les modèles et le rover LUPEX.

Ce que l’EMS-L doit observer sur la Lune

L’EMS-L doit identifier les espèces chimiques présentes près de la surface lunaire, comparer leurs variations d’un endroit à l’autre et mesurer la température. Il doit aussi étudier l’exosphère lunaire, cette enveloppe extrêmement ténue d’atomes et de molécules autour de la surface, ainsi que les volatils libérés lorsque le rover se déplace et fore.

Ces observations doivent contribuer à l’étude des matières volatiles lunaires, dont l’eau. L’EMS-L est le troisième instrument d’une famille de spectromètres de l’ESA : une première version a voyagé en 2024 à bord de l’atterrisseur Peregrine d’Astrobotic, qui n’a pas atteint la Lune. Une deuxième version est prévue pour la mission IM-4 d’Intuitive Machines en 2027.

L’EMS-L au sein de l’étude de l’eau menée par LUPEX

LUPEX vise à étudier sur place la quantité, la répartition, les conditions et la forme des ressources en eau des régions polaires lunaires. L’EMS-L doit apporter des observations sur l’exosphère et les volatils associés à l’activité du rover. À l’échelle de la mission, JAXA décrit aussi une séquence d’excavation, de chauffage des échantillons pour vaporiser les substances volatiles, puis d’analyses chimiques, de la quantité d’eau et des isotopes. La présentation de la mission par JAXA expose ces objectifs et opérations.

JAXA prévoit que le rover observe jusqu’à 1,5 m sous la surface et indique une durée d’opération de plus de trois mois pour la mission. Ces paramètres concernent le rover et LUPEX, pas l’EMS-L.

Partenaires et calendrier prévus

LUPEX est une mission conjointe de l’agence japonaise JAXA et de l’Organisation indienne de recherche spatiale (ISRO). Le rover de JAXA doit être transporté par l’atterrisseur Chandrayaan-5 d’ISRO, et le lancement est prévu au plus tôt en 2028 à bord d’une fusée H3, selon les informations de l’ESA et de JAXA.