Les plateformes de Meta auraient diffusé des publicités pour Kromix, une application d’images par IA qui promouvait des deepfakes sexualisés ressemblant à des femmes politiques américaines. La campagne signalée comptait 32 annonces et a été retirée par Meta après que l’entreprise a été interrogée à son sujet. Apple a ensuite supprimé Kromix de l’App Store.
Ce que l’on sait de la campagne Kromix
Kromix se présentait comme un outil de création ou de retouche d’images par IA. Les annonces auraient encouragé les utilisateurs à importer des photos de personnes réelles pour les placer dans des scènes sexualisées non consenties. Le dossier concerne donc moins un simple filtre d’image qu’un usage abusif de photos existantes et de technologies de génération d’images ou de vidéos.
Les publicités auraient ressemblé à des promotions ordinaires d’application, avec le slogan « Unleash Next-gen AI Magic », tout en mettant en avant des usages impliquant des femmes politiques américaines. Aucun nom de responsable ou de développeur de Kromix n’est établi dans les éléments disponibles.
Une campagne courte, mais précisément ciblée
Le compte associé à la campagne aurait diffusé 32 publicités. Chacune serait restée active entre cinq et 46 heures, et la plupart auraient obtenu 10 impressions ou moins. Les informations de campagne indiquent également un ciblage exclusivement masculin.
Ces chiffres décrivent cette campagne Kromix uniquement. Ils ne doivent pas être mélangés avec d’autres enquêtes consacrées à des applications similaires, dont les volumes d’annonces sont différents. La faible audience rapportée ne rend pas le problème anodin : le point central est qu’un contenu présenté comme interdit aurait pu franchir le contrôle préalable d’une grande régie publicitaire.
| Date ou période | Événement | Pourquoi c’est important |
| 3 août 2026 | La page associée à la campagne Kromix aurait été créée. | Elle a précédé le lancement signalé des annonces. |
| Août 2026 | Le compte aurait diffusé 32 publicités, actives entre cinq et 46 heures. | La campagne a été brève et limitée en volume, mais son ciblage et son contenu ont retenu l’attention. |
| Août 2026 | Meta a retiré les publicités après avoir été interrogé sur la campagne. | Le retrait est intervenu après un signalement extérieur de l’affaire. |
| Août 2026 | Apple a retiré Kromix de l’App Store. | Apple a déclaré que l’application semblait avoir ajouté des contenus et fonctionnalités interdits après son examen initial. |
Les retraits de Meta et d’Apple
Meta a retiré les annonces Kromix après avoir été interrogé sur leur présence sur ses plateformes. Ce résultat est établi comme une séquence rapportée de l’affaire : les publicités ont d’abord été diffusées, puis retirées après une demande d’explications.
Apple a confirmé le retrait de Kromix de l’App Store. L’entreprise a déclaré que les applications conçues pour générer, diffuser ou consommer de la pornographie étaient interdites et que les applications de « nudification » contrevenaient à ses règles d’examen. Apple a aussi indiqué que Kromix semblait avoir ajouté des contenus et fonctionnalités interdits après son examen initial.
La faille révélée par la modération automatisée
Meta décrit publiquement son examen des publicités comme reposant principalement sur des outils automatisés, avec un contrôle prévu avant la diffusion. L’affaire Kromix met en regard cette procédure annoncée et la présence rapportée d’annonces faisant la promotion d’images intimes générées sans consentement.
Il ne s’agit pas de conclure que chaque annonce est examinée de la même manière, ni de transformer cet épisode en constat judiciaire. Mais le décalage est concret : un système conçu pour empêcher certaines publicités de circuler n’a pas empêché cette campagne signalée d’apparaître avant son retrait.
Les images publiques de responsables politiques peuvent facilement devenir des matières premières pour des outils de génération accessibles. Dans ce contexte, la responsabilité ne se limite pas à l’application elle-même : elle concerne aussi les filtres qui acceptent ou refusent sa promotion et les magasins qui distribuent le logiciel.
Ce que cette affaire permet réellement de conclure
L’épisode montre un problème de contrôle de plateforme autour de la promotion d’images sexualisées fabriquées à partir de personnes réelles. Il ne permet pas d’attribuer une validation personnelle des annonces à un dirigeant précis, ni d’établir une relation avec une autre controverse politique.
Il ne fournit pas non plus de base pour affirmer l’existence d’une amende, d’une décision de justice ou d’une procédure pénale liée spécifiquement à Kromix. Ce que l’on peut établir ici est plus circonscrit : Meta a retiré les publicités signalées, Apple a retiré Kromix de l’App Store et les règles publiées des deux plateformes sont incompatibles avec ce type d’usage.
À retenir
Kromix n’est pas seulement un exemple de contenu généré par IA qui dérape. La campagne signalée illustre la chaîne complète du problème : une application qui promeut un usage abusif, des annonces qui passent un contrôle automatisé, puis une intervention des plateformes après l’exposition de l’affaire. Pour les utilisateurs, le risque ne vient donc pas uniquement de ce que l’IA peut produire, mais aussi de la facilité avec laquelle certains services peuvent être promus et distribués.