Ce n’est pas une invention, essayez sur votre système : ouvrez le Bloc-notes et enregistrez quelque chose sous le nom « con.txt ». Windows vous répondra que le nom de fichier « est réservé à son usage ». « CON » n’est pas la seule expression qui porte cette condition. Il existe également de vieilles références aux ports série, aux ports parallèles et aux périphériques auxiliaires qui ne sont jamais allés nulle part. Pourquoi sont-ils toujours là ? La réponse courte est « rétrocompatibilité », mais le vidéaste Tom Scott l’explore un peu plus en profondeur dans une de ses dernières vidéos…

Pourquoi ne pouvez-vous pas nommer un fichier « CON » sous Windows ?
Noms réservés

Le difficile équilibre entre nouveauté et familiarité

Les changements dans tout espace informatique sont particulièrement difficiles à assimiler. Nous nous souvenons encore des plaintes des utilisateurs chaque fois que Facebook modifiait son interface, ou de la résistance au système Ribbon dans Office 2007, qui a essentiellement jeté à la poubelle des années entières d’habitudes et de mémoire musculaire. Un autre exemple récent est celui du COBOL, et la nécessité de « recruter » de nouveaux programmeurs pour maintenir des mainframes de plus de 30 ans sur les épaules.

Trouver l’équilibre exact entre nouveauté et familiarité est très difficile, et nécessite souvent d’accepter plusieurs compromis. Par exemple, Windows possède encore des éléments qui remontent aux versions 3.x et à sa dépendance à MS-DOS, mais il y a des choses encore plus anciennes. Le cas le plus « médiatique » (si l’on peut dire) est celui du nom « CON ». Chaque fois que nous essayons de l’utiliser pour enregistrer un fichier ou créer un dossier, Windows indique qu’il s’agit d’un « nom réservé ». Pourquoi ?

L’explication de Tom Scott

Tom Scott explique que CON ainsi que le reste des noms réservés (la liste complète apparaît documentée ici) sont des références qui permettaient (et permettent encore) aux utilisateurs de « parler » à certains périphériques, et de leur envoyer des informations. Leurs origines exactes nous obligent à remonter au milieu des années 1970, une époque gouvernée par CP/M et les limitations techniques de ces humbles ordinateurs.

Bien que notre exploration du sujet soit un peu plus approfondie, la vidéo de Tom la rend plus visuelle : les noms réservés existent pour garantir la rétrocompatibilité, même si les interfaces physiques impliquées sont presque éteintes (il est très rare de trouver un ordinateur avec Windows 10 possédant encore un port parallèle dédié).

Tom mentionne également un cas très particulier, celui du fameux « bug du 29 février 1900 » dans Microsoft Excel. L’année 1900 n’était pas bissextile, cependant, lorsque Excel est sorti pour la première fois sur Windows en 1987 (deux ans plus tôt sur Mac), il avait comme principal concurrent Lotus 1-2-3… qui portait ce bug. La décision de Microsoft, au nom de la rétrocompatibilité avec les feuilles de calcul 1-2-3, a été de reproduire le bug dans son logiciel. L’« erreur » est toujours là 33 ans plus tard, et elle fait partie des spécifications officielles.