Si l’on pense à une langue universelle et alternative, la première qui vient à l’esprit est l’espéranto, avec des millions de locuteurs à travers le monde. Cependant, le concept de langues auxiliaires est plus ancien qu’on ne l’imagine, et certaines précèdent même l’espéranto de plusieurs décennies. C’est le cas du Solresol, créé par Jean-François Sudre. Qu’est-ce qui différencie le Solresol ? Au lieu de s’inspirer de langues existantes, Sudre a conçu le Solresol à partir des sept notes de musique, de sorte qu’il peut être parlé en chantant, en jouant d’un instrument, et même par signes.

Solresol : un ancien langage universel oublié, créé à partir de la musique
Soresol

Certaines langues inventées par l’humanité ces dernières années visent principalement le divertissement, comme le quenya de J.R.R. Tolkien ou le klingon dans Star Trek.

Il existe aussi de nombreux projets qui ne cherchent pas à enrichir un univers particulier, mais à permettre une communication réelle entre deux ou plusieurs personnes. En tête de liste apparaît l’espéranto, mais malgré sa diffusion et les ressources disponibles pour l’apprendre, il est confronté à la concurrence de l’anglais.

Mais 60 ans avant l’espéranto, un violoniste et professeur de musique français nommé Jean-François Sudre commença à travailler sur quelque chose de très spécial : une langue universelle basée sur la musique. Son nom ? « Solresol », dont la signification est « langage ».

Solresol, le langage universel de la musique

Solresol : un ancien langage universel oublié, créé à partir de la musique
Aspects de base du Solresol communiqués par signes
Solresol : un ancien langage universel oublié, créé à partir de la musique
Symboles et exemples d’écriture

Au total, le Solresol est composé de sept unités sonores de base, qui sont les sept notes de musique que tout le monde connaît, et elles fonctionnent comme des phonèmes. Les mots les plus compacts de la langue Solresol sont formés d’une seule unité, et le maximum est de cinq unités.

Selon le cas, les syllabes peuvent être accentuées (par exemple, un accent sur la dernière syllabe indique le féminin), ou présenter une prononciation prolongée (utilisée pour le pluriel). Les premières syllabes d’un mot en Solresol établissent une grande partie de sa signification, essentiellement une catégorie.

Les significations de « Sol » au début sont liées à des domaines comme l’art et les sciences en général, tandis que « Solsol » spécifie les maladies ou quelque chose de lié à la médecine.

Exemples ? Une fois de plus, « solresol » signifie « langage », et « solsolredo » signifie « migraine », « névralgie » ou « mal de tête ». Une autre caractéristique est l’inversion des syllabes pour exprimer des antonymes. « Fala » signifie quelque chose de « bon » ou « savoureux », mais « Lafa » signifie « mauvais ».

Comme mentionné plus haut, la représentation des phonèmes est compatible avec les instruments de musique, les gestes, les sifflements, le chant, les symboles, et même les palettes ou lumières de couleurs. Sudre travailla plus de trois décennies sur le Solresol, et atteignit son point culminant de popularité avec la publication de la Grammaire du Solresol en 1902.

La mort de ses défenseurs les plus fervents (dont l’éditeur du livre, Boleslas Gajewski), l’interdiction quasi totale de l’enseignement de la langue des signes en France et l’avancée d’autres langues condamnèrent presque le Solresol à la disparition.

Cependant, il compte aujourd’hui un petit nombre de disciples qui, en plus de compiler des informations et de maintenir un dictionnaire, ont également demandé un code de langue selon la norme ISO, ce qui a été refusé pour l’instant. Si vous voulez en savoir plus, les liens sont ci-dessous.

Solresol : un ancien langage universel oublié, créé à partir de la musique

Projet de renaissance du Solresol :

Dictionnaire-traducteur de Solresol :