En juillet 2015, la découverte d’un prototype de la Nintendo PlayStation, fruit de la collaboration avortée entre Nintendo et Sony, a pris le Web d’assaut. Cinq ans plus tard, il a fini entre les mains d’un collectionneur privé pour près de 400 000 dollars, avant de disparaître de la surface de la Terre. Et maintenant, près de dix ans après cette découverte, il s’avère qu’il existe un autre prototype. Qui le détient ? Rien de moins que Ken Kutaragi, « le père de la PlayStation »...
Pour faire court : en 1988, Nintendo et Sony avaient signé un accord pour le développement du format Super Disc, dans le but d’étendre les fonctions disponibles sur la Super Nintendo (ou Super Famicom au Japon, qui n’a vu le jour qu’en 1990) via une unité optique propriétaire. Sony a participé au CES 1991 (en juin, pour être précis) et a présenté au public la « Play Station », une plateforme combinant le format Super Disc avec l’interface pour cartouches de la Super Famicom.
Ce que personne n’attendait, c’était un poignard empoisonné de la part de Nintendo : Hiroshi Yamauchi, son président à l’époque, s’est opposé aux conditions finales de l’accord, car Sony contrôlerait effectivement le format Super Disc et exerçait un pouvoir similaire sur la puce audio de la Super Famicom. 24 heures plus tard, Nintendo a annoncé un nouvel accord avec Philips, qui, en plus de concurrencer Sony, se profilait comme un partenaire « favorable ». Tout ce qui restait de cette liaison ratée, c’était un total de 200 à 300 prototypes, ce qui en fait l’un des systèmes les plus convoités par les collectionneurs...
Il y a une autre Nintendo PlayStation là-dehors
… et une nouvelle console vient de faire son apparition. Le photographe Julian Domanski a eu la possibilité de rendre visite à nul autre que Ken Kutaragi, le cerveau derrière la PlayStation originale, et son « père » à tous points de vue. D’une part, Kutaragi a autographié sa PS1, et d’autre part, Julian a réussi à prendre des clichés inédits de la Nintendo PlayStation que le développeur et entrepreneur gardait dans son placard.
Comparée à l’unité mise aux enchères en 2020, la console de Kutaragi est en meilleur état, malgré l’absence d’un bouton sur sa partie supérieure (le Play/Pause). En même temps, son I/O semble plus large, on n’a pas vu de molette pour le volume, et son logo « PlayStation » se détache dans un bleu vif.
Julian a décidé de supprimer son tweet (ou, en alternative, de le rendre privé), mais une fois qu’une telle chose arrive sur le Web, sa viralisation est immédiate. Aujourd’hui, de nombreux utilisateurs se demandent pourquoi Kutaragi a conservé le souvenir d’une relation aussi amère. Personnellement… je crois que c’est le désir d’avoir le dernier mot. Il a correctement lu la transition vers les médias optiques (en plus de faire de Sony un monstre du jeu vidéo), quelque chose que Nintendo n’a compris qu’avec la GameCube.
Source : VICE