Le S-1 d’Anthropic, publié le 26 octobre 2026 selon un compte rendu paru le 29 octobre, décrit un pool de calcul partagé entre plusieurs partenaires et un logiciel qui oriente les charges vers les puces les plus productives. Cette organisation pourrait réduire la dépendance à Nvidia à terme, mais Nvidia figure toujours parmi les fournisseurs cités.
Dans cet article
- Comment fonctionne la stratégie multipuces
- Pourquoi changer de puce reste difficile
- La piste Samsung en était encore aux premières étapes
- Ce que les chiffres d’infrastructure mesurent
Comment fonctionne la stratégie multipuces
Le calcul d’Anthropic est présenté comme une réserve commune alimentée par plusieurs partenaires. Un logiciel dirige les charges vers différentes puces selon leur productivité. Les fournisseurs cités dans le compte rendu du S-1 sont Amazon, Google, AMD et Nvidia.
Cette stratégie apporte un nouvel éclairage à la possible introduction en Bourse abordée dans notre article sur l’investissement envisagé par Nvidia dans Anthropic. Elle concerne la répartition du calcul entre fournisseurs, et non une mesure de la part de chacun.
Pourquoi changer de puce reste difficile
Le changement de puces est particulièrement complexe pour l’entraînement des modèles, selon les analystes cités dans le compte rendu. Il demande aussi des moyens importants, que les plus grands laboratoires d’IA sont mieux placés pour mobiliser. Ashish Nadkarni, d’IDC, estime que la diversité des fournisseurs peut réduire l’exposition aux fluctuations de l’offre Nvidia. Gil Luria, de DA Davidson, juge que le coût et les efforts nécessaires peuvent ne pas être rentables pour les entreprises plus petites.
Brad Gastwirth, de Circular Technology, estime que cette souplesse ne supprime pas les atouts de Nvidia en performances, en réseau et en logiciels. La stratégie décrite par Anthropic ajoute donc des options, tandis que Nvidia conserve une place parmi les fournisseurs cités.
La piste Samsung en était encore aux premières étapes
Un compte rendu publié le 2 juillet 2026 faisait état de travaux exploratoires d’Anthropic sur une puce maison et de discussions avec Samsung Electronics autour de son procédé de fabrication en 2 nanomètres et du packaging avancé. À la date de ce compte rendu, la conception détaillée et la fabrication n’avaient pas commencé.
Le même article rapportait qu’Anthropic considérait AWS Trainium, Google TPUs et Nvidia GPUs comme des plateformes centrales pour augmenter ses capacités de calcul. Les discussions avec Samsung décrivaient une piste d’exploration, tandis que ces familles de puces restaient au cœur de la stratégie annoncée dans ce compte rendu.
Ce que les chiffres d’infrastructure mesurent
Dans une vidéo publiée le 30 octobre 2026, Forbes rapportait environ 587 milliards de dollars d’engagements pour les puces et les centres de données, selon la situation de juin 2026. Le reportage faisait aussi état de 266 milliards de dollars de nouveaux accords ou d’accords modifiés au cours des quatre mois suivants. Ces montants couvrent des engagements à long terme : Forbes évaluait les obligations potentielles à environ 1 000 milliards de dollars jusqu’en 2045.
Le même reportage citait 20 milliards de dollars de capacité attendue chez AMD et une estimation de 125 à 150 milliards de dollars pour des puces conçues par Google. Il s’agit de capacités attendues ou estimées, et non de sommes dont le reportage établissait qu’elles avaient déjà été dépensées.
Les dépenses d’infrastructure et les revenus rapportés portent sur des périodes passées et des mesures distinctes. Forbes estimait les dépenses d’infrastructure d’Anthropic à 19,2 milliards de dollars entre janvier 2023 et juin 2026, contre 21,3 milliards de dollars de revenus sur la même période. Le reportage attribuait 16,3 milliards de dollars de revenus au premier semestre 2026.
Un compte rendu du 18 novembre 2025 décrivait un autre lien entre Nvidia et Anthropic : un engagement de 30 milliards de dollars en calcul sur Microsoft Azure, auquel s’ajoutait une capacité pouvant atteindre 1 gigawatt. Les premières capacités devaient s’appuyer sur les systèmes Nvidia Grace Blackwell et Vera Rubin.