Les expéditions mondiales de cartes graphiques discrètes pour PC de bureau ont atteint 12,5 millions d’unités au deuxième trimestre 2026. Ce volume, mesuré à l’entrée des canaux de distribution, constitue le meilleur résultat trimestriel depuis le premier trimestre 2022, quand 13,38 millions de cartes avaient été expédiées. Dans le même temps, NVIDIA a représenté environ 90 % du marché desktop.

Les expéditions de GPU de bureau atteignent 12,5 millions d’unités

Les GPU de bureau atteignent 12,5 millions d’unités expédiées au T2 2026

Le chiffre communiqué par Jon Peddie Research concerne les cartes graphiques additionnelles — les « add-in boards », ou AIB — destinées principalement aux PC de bureau. Il ne s’agit donc pas d’un décompte des achats réalisés par les consommateurs en magasin ou en ligne.

Le résultat est d’autant plus notable que les prix des GPU augmentaient et que le marché faisait face à des tensions liées à la mémoire, aux droits de douane et aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement. Les expéditions de processeurs pour PC de bureau atteignaient, elles, 14 millions d’unités sur la même période.

Le taux d’équipement en carte graphique additionnelle atteignait par ailleurs 89 % pour les PC de bureau au deuxième trimestre. Ce taux décrit la présence d’une AIB dans les systèmes concernés ; il ne permet pas, à lui seul, de déterminer qui a acheté chaque carte ni pour quel usage.

NVIDIA domine largement le marché

La répartition trimestrielle place NVIDIA très loin devant AMD et Intel. Les volumes et les parts ci-dessous restent approximatifs : les pourcentages arrondis ne permettent pas de reconstituer une allocation exacte pour chaque fabricant.

FabricantPart approximative du marché AIB desktop au T2 2026Unités desktop approximativesÉvolution séquentielle de la part
NVIDIAEnviron 90 %Environ 11,25 millions−0,1 point de pourcentage
AMDEnviron 8 %Environ 1 million−0,16 point de pourcentage
IntelEnviron 2 %Plusieurs centaines de milliers+0,3 point de pourcentage

NVIDIA conserve donc une position ultra-dominante, même si sa part recule légèrement par rapport au trimestre précédent. AMD cède également une fraction de point, tandis qu’Intel progresse légèrement. Ces mouvements ne changent pas l’équilibre général du marché : sur ce trimestre, l’essentiel des cartes desktop expédiées appartient à l’écosystème NVIDIA.

Pourquoi les volumes progressent-ils malgré la hausse des prix ?

L’explication avancée par Jon Peddie est simple : certains acheteurs auraient avancé leur achat par crainte d’une nouvelle hausse des prix. C’est une théorie sur le comportement de la demande, pas une causalité démontrée par les chiffres d’expédition.

Le contexte rend cette hypothèse plausible sans la transformer en certitude. Les tensions sur la mémoire, les incertitudes tarifaires et les perturbations liées à la guerre ont pesé sur les coûts et les prix. Mais un volume expédié dans les canaux de distribution ne dit pas si les cartes ont été achetées pour jouer, faire fonctionner des modèles d’IA en local, équiper des machines professionnelles ou être intégrées dans des PC assemblés par des fabricants.

Ce que ces expéditions ne permettent pas de conclure

Les joueurs n’expliquent pas nécessairement à eux seuls les 12,5 millions d’unités. Les données de volume ne séparent pas les achats destinés au jeu vidéo, à l’IA, aux entreprises, aux fabricants de PC ou à d’autres usages.

Elles ne prouvent pas non plus l’existence d’une pénurie générale de cartes graphiques desktop finies. Elles montrent un marché soumis à des pressions d’approvisionnement et à des prix en hausse, tout en enregistrant un niveau élevé d’expéditions. Ces deux constats peuvent coexister : les fabricants peuvent envoyer davantage de cartes dans les circuits de distribution alors que certains modèles, certaines capacités mémoire ou certains segments restent plus difficiles à obtenir.

Il faut aussi garder les catégories séparées. Une carte desktop n’est pas une carte pour ordinateur portable, une carte professionnelle de station de travail ou un accélérateur de centre de données. Les usages d’IA locale peuvent accroître l’intérêt pour la mémoire vidéo et la compatibilité logicielle, mais ils ne permettent pas de convertir les expéditions globales en mesure de la demande IA.

Jeu vidéo, IA locale et autres usages

Pour les acheteurs de PC, la leçon est surtout méthodologique : ne déduisez pas l’usage d’une carte à partir de son volume d’expédition. Une même famille de GPU peut intéresser un joueur, un créateur, un développeur qui exécute des modèles localement ou un intégrateur de PC, avec des critères très différents.

La mémoire vidéo — la VRAM — peut compter pour les modèles d’IA locaux, tandis que la compatibilité logicielle peut orienter le choix entre différents écosystèmes. Pour le jeu, la résolution visée et les fonctions d’upscaling jouent un autre rôle. Quant aux cartes pour stations de travail et aux accélérateurs de centre de données, elles répondent à des contraintes distinctes de stabilité, de calcul et d’infrastructure.

Autrement dit, la domination de NVIDIA dans les expéditions desktop ne constitue pas un classement universel de toutes les cartes ni la preuve qu’un usage particulier a tiré le marché. Elle décrit une concentration des volumes sur un trimestre précis.

Le T2 2026 laisse donc une image contrastée : 12,5 millions de cartes desktop expédiées dans le monde, des prix sous pression et une domination d’environ 90 % pour NVIDIA. La hausse traduit une forte activité des canaux de distribution ; elle ne permet pas encore de mesurer précisément qui achète ces GPU ni pourquoi.