« Ce n'est pas obsolète si je continue de l'utiliser » est une phrase qui a un écho particulier dans certaines agences gouvernementales et dans le monde de l'entreprise. L'intention de progresser et d'évoluer existe toujours, mais il arrive qu'une pièce de technologie « ancienne » se révèle si solide et efficace qu'elle devient un cauchemar à remplacer. C'est le cas de la plateforme MOCAS utilisée par le ministère de la Défense américain. Elle a été créée en 1958 et administre des milliards de dollars en contrats et obligations.
Windows XP conserve 9 % du marché, Microsoft et les experts en sécurité s'arrachent les yeux, et le fait est qu'ils ne peuvent rien faire pour changer la situation. Il y a des utilisateurs et des terminaux qui considèrent XP comme « suffisant ». Tôt ou tard, ils devront passer à une autre plateforme, mais ce ne sera pas avant que tout ait sauté. Alors, que se passe-t-il quand rien n'explose ? Imaginez un programme robuste jusqu'à la moelle, bien entretenu, qui ne plante pas, et qui est en plus l'un des meilleurs dans son domaine. Eh bien, le ministère de la Défense a quelque chose comme ça. Il s'appelle MOCAS, sigle de Mechanization of Contract Administration Services, et il est actif depuis 59 ans.
MOCAS : une administration des contrats sans faille
Comme son nom l'indique, le travail de MOCAS est d'administrer des contrats. Les dernières informations disponibles lui attribuent une responsabilité de 1,3 billion de dollars sous forme d'obligations générales, et environ 340 000 contrats. Son code a été écrit en COBOL, un langage qui n'avait pas encore été approuvé en 1958 (il était d'ailleurs considéré comme un outil temporaire), mais que le ministère de la Défense a rapidement adopté. Au fil des décennies, ses responsables ont réussi à développer de nouvelles interfaces qui maintiennent MOCAS intact en arrière-plan, tout en répondant aux exigences actuelles.
MOCAS se trouve sur un serveur IBM 2098-E10 de la série z10 Business Class, lancé sur le marché en 2008. Ses spécifications ne sont pas extrêmes (il a la même quantité de RAM que mon terminal, 8 Go), mais il est suffisamment flexible pour recevoir différentes unités de stockage. Pourquoi le ministère de la Défense continue-t-il d'utiliser un logiciel qui a presque 60 ans ? Deux mots : pas cher et simple. Chaque fois que le ministère a tenté de faire appel à un successeur, les entreprises intéressées ont demandé une vraie fortune, et les paramètres de transition étaient très pauvres. Je suppose que cette pièce de logiciel en COBOL continuera de faire bouger des millions jusqu'à nouvel ordre...