En août 2026, Meta a conclu un accord avec 47 États américains, Washington, D.C., et trois territoires qui vise une catégorie précise de filtres pour les utilisateurs de 13 à 17 ans, et non tous les effets. L’accord prévoit que Meta empêche ces adolescents d’appliquer sur Instagram et Facebook les filtres qui transforment les traits du visage d’une façon impossible à obtenir sans chirurgie esthétique ou maquillage extrême.
Quels filtres l’accord vise-t-il ?
La restriction concerne les utilisateurs dont l’âge déclaré ou estimé est compris entre 13 et 17 ans. Elle vise les filtres numériques et effets de réalité augmentée qui déforment, sculptent, redéfinissent ou idéalisent le visage d’une manière qui nécessiterait une chirurgie esthétique ou des techniques de maquillage extrêmes.
L’accord ne vise donc pas chaque filtre utilisé pour une photo ou une vidéo. Il porte sur l’application de cette catégorie d’effets aux contenus des adolescents dans les services concernés.
Quels effets sont exclus ?
L’accord exclut explicitement plusieurs catégories :
- les transformations fantastiques, de personnages ou d’animaux ;
- les effets de lissage ou de maquillage ordinaire qui ne modifient pas la structure du visage ni, de façon significative, le teint ;
- la parodie, la satire et les déformations exagérées qui ne correspondent pas à des procédures cosmétiques habituelles.
Cette définition sépare les retouches qui changent fortement les traits des effets ludiques, satiriques ou proches d’un maquillage ordinaire.
Quels services et quels territoires sont concernés ?
Le périmètre comprend Instagram et Facebook, dans leurs versions sur application et sur le Web, avec certaines exclusions, notamment les fonctions de messagerie directe. La clause concerne l’application des effets dans ces services ; elle ne pose pas une interdiction générale de publier des images déjà retouchées à l’aide d’un filtre tiers.
L’accord concerne les juridictions américaines qui l’ont signé. Il ne fixe pas de norme pour les États américains non participants ni pour les juridictions internationales : il n’étend donc pas ses obligations à la France. Le texte précise aussi que l’accord ne vaut pas reconnaissance de responsabilité ou de faute et ne crée pas de droit d’action privé pour les personnes qui n’en sont pas parties.
Quand commence le délai accordé aux États ?
Les États signataires doivent transmettre à Meta, dans les deux mois suivant la date d’effet, une lettre proposant des exemples d’effets concernés et exclus. L’accord définit cette date d’effet comme le premier jour ouvré suivant l’inscription du jugement de consentement au dossier du tribunal. Le dépôt daté du 26 août 2026 ne déclenche donc pas, à lui seul, le délai.
Le délai de mise en conformité prévu par l’accord est de six mois après cette date d’effet. Le 25 octobre 2026, NPR indiquait que les États approchaient de la fin de leur période de deux mois. Le média rapportait également que Meta prévoyait d’appliquer la restriction au début de 2027.
Ce que prévoit le projet européen
Le projet EU KIDS Act de la Commission européenne, daté du 17 septembre 2026, est une proposition et non une loi adoptée. Le texte prévoit des règles générales de sécurité dès la conception et de vérification de l’âge, mais ne contient pas d’interdiction expresse des filtres de beauté.