PLD Space donne le nom de MIURA 9 à son projet de lanceur auparavant présenté comme MIURA 5 Block 1.2. Ce véhicule à deux étages est annoncé avec une hauteur de 42 mètres, un diamètre de 3 mètres et une capacité visée allant jusqu’à 1 500 kg vers une orbite héliosynchrone à 500 km. Mais il faut garder les pieds sur Terre : l’atterrissage propulsif reste une capacité en développement, pas une performance déjà démontrée par MIURA 9.

Le projet change de nom

Le changement de nom clarifie la place du véhicule dans la famille de lanceurs de PLD Space. MIURA 9 est présenté comme une solution destinée aux satellites de taille moyenne et aux constellations, avec une trajectoire de développement vers la récupération propulsive de son premier étage.

La présentation du projet renommé a eu lieu le 10 septembre 2026, lors de la visite de Pedro Sánchez chez PLD Space. Cette date correspond à une présentation, pas au lancement du lanceur.

Les caractéristiques annoncées

PLD Space dévoile MIURA 9, un lanceur réutilisable encore à l’épreuve du vol

MIURA 9 est conçu comme un lanceur à deux étages. PLD Space annonce un premier étage de 25,5 mètres équipé de neuf moteurs TEPREL et un second étage de 16,5 mètres doté d’un moteur TEPREL Vacuum. L’ensemble doit mesurer 42 mètres de haut pour 3 mètres de diamètre.

La cible de performance est précise : jusqu’à 1 500 kg vers une orbite héliosynchrone située à 500 km. Il s’agit d’un objectif annoncé pour le programme, et non d’une performance obtenue lors d’un vol orbital.

CaractéristiqueMIURA 9
ArchitectureDeux étages
Hauteur42 m
Diamètre3 m
Premier étage25,5 m ; 9 moteurs TEPREL
Second étage16,5 m ; 1 moteur TEPREL Vacuum
Charge utile viséeJusqu’à 1 500 kg vers une orbite héliosynchrone à 500 km

Une réutilisation encore à démontrer

Voir les images du vol suborbital de MIURA 1 et du déploiement de son parachute

Le mot « réutilisable » décrit ici une ambition technique. PLD Space prévoit une rentrée et un atterrissage propulsifs du premier étage, mais MIURA 9 n’a pas encore effectué de vol, de récupération ou de nouveau vol démontré.

La nuance compte. Une architecture de récupération peut être dessinée, annoncée et testée par étapes sans constituer pour autant un service de lancement réutilisable. Pour parler de réutilisation opérationnelle, il faudra au minimum un vol, une récupération contrôlée, l’inspection et la remise en état du matériel, puis un nouveau vol.

L’expérience précédente de PLD Space apporte un contexte utile, sans changer ce constat. En 2023, MIURA 1 a réalisé un vol suborbital avec descente sous parachute depuis le centre d’expérimentation d’El Arenosillo, à Huelva. Il s’agissait d’un démonstrateur différent, destiné notamment à recueillir des données pour de futurs véhicules comme MIURA 5.

Cette étape montre une expérience de lancement et de récupération par parachute. Elle ne vaut pas démonstration d’un atterrissage propulsif de MIURA 9 : les véhicules, les profils de mission et les systèmes de récupération ne sont pas les mêmes.

Le prochain jalon concerne MIURA 5

Le premier vol de démonstration de MIURA 5 était prévu au premier semestre 2027 depuis Kourou. Ce rendez-vous concerne le véhicule associé à l’ancienne désignation MIURA 5 Block 1.2 et ne doit pas être confondu avec un vol de MIURA 9.

Cette séparation est essentielle pour suivre le programme : MIURA 1 correspond à l’expérience suborbitale déjà réalisée, MIURA 5 à un jalon de développement distinct, et MIURA 9 au lanceur plus grand annoncé par PLD Space.

Une pièce du paysage européen des lanceurs

MIURA 9 s’inscrit dans les efforts européens visant à développer davantage de capacités de lancement commerciales. PLD Space est associé à l’European Launcher Challenge, un programme institutionnel dans lequel apparaît un montant de 158,9 millions d’euros.

Ce chiffre ne correspond pas au prix d’un lancement de MIURA 9. Aucun tarif de lancement, prix client ou date de disponibilité commerciale de MIURA 9 n’est annoncé ici. Pour les futurs clients, les éléments décisifs resteront donc la maturité du véhicule, le calendrier de vol, la capacité réellement démontrée et les conditions commerciales.

Ce qu’il faudra regarder ensuite

Le verdict sur MIURA 9 ne se jouera pas sur un rendu 3D ni sur une fiche technique isolée. Les étapes vraiment parlantes seront :

  • un premier vol du véhicule lui-même ;
  • une rentrée et une récupération propulsives réussies ;
  • l’inspection et la remise en état du premier étage ;
  • un nouveau vol avec un matériel récupéré ;
  • une cadence régulière de lancement et de récupération.

Pour l’instant, MIURA 9 est un projet de lanceur ambitieux, avec une architecture et une cible de charge utile clairement annoncées. Sa promesse de réutilisation reste toutefois devant lui : la prochaine preuve devra venir du vol, pas du nom du programme.