Snap positionne les SPECS comme bien plus que des lunettes connectées : ces lunettes de réalité augmentée autonomes veulent afficher navigation, traduction, divertissement et outils professionnels directement dans le champ de vision. La France figure parmi les marchés de précommande et les livraisons y sont prévues à l’automne 2026. Aux États-Unis, le prix de départ annoncé est de 2 195 dollars, avec un acompte remboursable de 200 dollars.
Snap veut convertir les SPECS en outil de travail
Le virage professionnel est l’un des éléments les plus importants de la présentation. Snap travaille avec Salesforce pour intégrer Agentforce aux SPECS : l’objectif est d’identifier ce que l’utilisateur regarde, de créer un dossier de service, de retrouver des informations utiles et de mettre à jour un flux de travail sans changer d’écran.
Snap travaille également avec Amazon Web Services autour d’Amazon Quick, son assistant d’intelligence artificielle destiné au travail. Nvidia explore de son côté l’utilisation de sa pile d’IA pour la compréhension spatiale et le guidage en temps réel. Ces collaborations donnent aux lunettes une ambition plus large qu’un simple écran portable : elles visent les interventions sur le terrain, l’assistance contextuelle et les procédures professionnelles.
Que sont les SPECS et quand arriveront-elles en France ?
Les SPECS sont des lunettes AR autonomes : elles n’ont besoin ni d’un boîtier informatique externe ni d’une liaison filaire permanente. Leur affichage transparent repose sur un guide d’onde et une technologie propriétaire à cristaux liquides sur silicium. Snap annonce un champ de vision de 51 degrés, 16 millions de couleurs et une latence de mouvement à photon de 7 millisecondes, mesurée avec des systèmes robotisés.
Deux formats sont proposés : le Narrow Fit de 47 mm pèse 132 g et le Wide Fit de 52 mm pèse 136 g. La monture utilise un polymère Swiss TR90. Les lunettes intègrent deux processeurs Snapdragon, l’un destiné à la vision par ordinateur et l’autre à l’exécution des Lenses de Snap.
La France est bien inscrite parmi les marchés de précommande. Snap prévoit les premières livraisons à l’automne 2026 aux États-Unis, au Royaume-Uni et en France, sans date calendaire annoncée dans les éléments disponibles. Le prix de départ communiqué par Snap concerne le marché américain : 2 195 dollars pour la configuration standard, avec un acompte remboursable de 200 dollars.
Traduction, navigation et réalité augmentée devant les yeux
Les SPECS peuvent afficher des itinéraires, diffuser des vidéos, projeter l’écran d’un autre appareil, ouvrir un tableau blanc numérique et superposer des informations au monde réel. Les commandes vocales, les gestes, le suivi des mains et les boutons physiques sur les branches permettent de naviguer dans les menus sans sortir son téléphone.
Les expériences annoncées couvrent notamment la traduction en temps réel, la traduction d’avis et de devises avec Tripadvisor, les visualisations 3D de produits Shopify, ainsi que des aides pour le basket, le football et le golf. Snap prévoit aussi des jeux multijoueurs, des effets inspirés de Harry Potter, l’annotation de livres, la méditation et des outils pour les DJ.
La compatibilité avec les verres correcteurs est prévue par l’intermédiaire d’inserts simple foyer fabriqués par un partenaire certifié. La plage annoncée va de -8 à +2 dioptries. L’étui standard contient les lunettes, l’étui de recharge, un câble, une chiffonnette, un guide de démarrage rapide et un kit de plaquettes nasales.
Specs Intelligence : une IA qui veut anticiper
Specs Intelligence est le service d’IA contextuelle de Snap pour les SPECS, l’iPhone et le Mac. Il peut relier des informations issues des applications et outils choisis par l’utilisateur afin d’aider à répondre à des questions, préparer un voyage, trouver un hôtel, rédiger une réponse, organiser des informations ou suivre l’avancement d’une tâche.
Le service est présenté comme capable de tenir compte des objectifs, priorités, relations et habitudes associés aux applications connectées. Snap indique qu’il demande l’approbation de l’utilisateur avant d’agir. La nuance compte : l’IA peut préparer ou organiser une action, mais son fonctionnement décrit une validation humaine avant exécution.
Cette approche explique aussi pourquoi les SPECS cherchent à devenir une interface plutôt qu’un simple accessoire. L’utilisateur peut obtenir une information dans son environnement, consulter un itinéraire ou faire apparaître une aide sans interrompre complètement ce qu’il est en train de faire.
Le problème pratique : des lunettes grandes et chères
Sur le terrain, les premiers essais les ont jugées utilisables sur de courtes sessions, mais leur poids et leur volume sont perceptibles. L’affichage par guide d’onde peut aussi produire des artefacts aux couleurs de l’arc-en-ciel. Ce sont des limites très concrètes pour un produit pensé pour rester sur le visage pendant des usages prolongés.
L’autonomie annoncée par Snap atteint quatre heures en usage mixte. L’étui fournit quatre charges supplémentaires, soit jusqu’à 20 heures d’usage mixte au total selon la marque. La configuration Wi-Fi + Cellular dispose d’un étui compatible 5G, tandis que la connectivité Wi-Fi et Bluetooth couvre les usages réseau, les appels et les notifications.
Les expériences de traduction et de navigation donnent aux lunettes une utilité immédiate dans certains scénarios. Mais à 132 ou 136 g, avec une monture épaisse et un prix de lancement élevé, elles ciblent d’abord les développeurs, les entreprises et les premiers utilisateurs de la réalité augmentée plutôt que le grand public.
Prix, démonstrations et disponibilité
La précommande française place les SPECS dans une catégorie premium dès leur lancement. Snap les a présentées en juin 2026, puis a détaillé Specs Intelligence et les usages professionnels lors d’un événement organisé à Los Angeles le 16 septembre. Le 17 septembre, des collaborations avec Salesforce, Amazon Web Services et Nvidia ont été rapportées autour des fonctions professionnelles et de l’intelligence artificielle.
Côté vie privée, Snap indique qu’une LED signale l’activation des caméras et que les lunettes n’utilisent pas la reconnaissance faciale pour identifier les personnes. La société affirme également qu’elles n’enregistrent pas le monde simplement pour le comprendre. Specs Intelligence connecte toutefois les applications et outils choisis par l’utilisateur : ce croisement de contexte sera donc aussi important que la qualité de l’affichage lorsque les premières livraisons françaises commenceront à l’automne 2026.