Le 15 octobre 2026, Arthur Mensch, cofondateur et directeur général de Mistral AI, a défendu dans une tribune publiée par Le Monde des investissements européens dans les entreprises d’IA de pointe. Selon lui, les modèles propriétaires restent sous le contrôle de leurs fournisseurs, qui déterminent en partie ce que les applications et les agents peuvent faire.

Pourquoi Mensch distingue l’IA d’internet

Pour Mensch, les protocoles ouverts d’internet n’appartenaient pas à un fournisseur unique. Les modèles d’IA propriétaires, eux, sont contrôlés par leurs propriétaires : les capacités des applications et des agents qui s’appuient sur eux en dépendent. Il estime donc que l’Europe ne peut pas simplement reprendre la stratégie consistant à développer des applications sur des plateformes conçues ailleurs.

La question de la souveraineté ne se limite pas à l’origine géographique d’un modèle. Elle porte aussi sur la maîtrise des données, des ressources de calcul et des systèmes qui le font fonctionner.

Les quatre dimensions du cadre de Mistral

Mistral AI décrit la souveraineté de l’IA selon quatre dimensions :

  • Les données restent dans le périmètre de l’organisation.
  • Les modèles peuvent être contrôlés et personnalisés.
  • Les ressources de calcul sont privées et prévisibles.
  • Les systèmes en production sont contrôlables et auditables.

Ce cadre est celui de Mistral, pas une définition universelle. Il donne néanmoins des critères concrets pour examiner une promesse de souveraineté : un fournisseur peut être européen sans que l’organisation maîtrise pour autant l’ensemble de ces dimensions.

Fable et Mythos, un exemple de contrôle d’accès

En juin 2026, ITPro a rapporté qu’Anthropic avait suspendu l’accès à Fable et Mythos après des contrôles américains à l’exportation. Dans son compte rendu du 15 octobre consacré à la tribune de Mensch, ITPro rapporte que l’accès a ensuite été rétabli. Cet épisode illustre l’enjeu soulevé par Mensch : l’accès à un modèle peut dépendre de décisions prises par son fournisseur et de contraintes extérieures à ses utilisateurs européens.