Pour qu’une langue autochtone soit utilisable sur le clavier de l’iPhone, ses caractères doivent pouvoir être encodés et affichés, puis ses conventions d’écriture et la disposition des touches doivent être prises en compte. Le reportage de WIRED décrit cette chaîne, avec des exemples de touches adaptées au cherokee et au nez-percé.
De l’encodage aux touches : les étapes du clavier
Un clavier adapté ne se résume pas à traduire des menus. D’abord, les caractères doivent être reconnus par Unicode, le standard qui permet aux appareils d’échanger du texte. Il faut ensuite que le système dispose des polices nécessaires pour les afficher : sans elles, certains caractères peuvent apparaître sous la forme d’un carré vide, surnommé « tofu ».
Viennent ensuite les conventions d’écriture — l’orthographe — puis la disposition des touches. WIRED rapporte qu’Apple consulte des communautés linguistiques sur la manière de représenter les sons et d’organiser le clavier. Selon Toral Cowieson, directrice générale du Consortium Unicode, l’organisme comptait plus de 157 000 caractères ; proposer, vérifier et encoder le jeu de caractères d’une langue peut prendre de trois à cinq ans.
La participation des communautés concerne aussi la gestion des ressources linguistiques. Genner Llanes-Ortiz, chercheur à Bishop’s University, a expliqué à WIRED que des initiatives Māori protègent l’accès et le stockage de leurs ressources linguistiques, après des expériences d’exploitation. Chirasree Mandal, ingénieure chez Apple, a déclaré au magazine qu’Apple ne cherchait pas à s’approprier ces ressources ni à cloisonner les données recueillies au cours du processus.
Pourquoi le cherokee et le nez-percé n’utilisent pas les mêmes touches
Les touches peuvent répondre à la structure propre à chaque langue. Dans l’exemple du cherokee rapporté par WIRED, les voyelles de la rangée du bas changent après la saisie d’une consonne pour présenter des combinaisons possibles. Pour le nez-percé (Nimipuutímt), qui n’utilise pas de majuscules selon WIRED, la touche Maj ouvre une couche secondaire de caractères accentués au lieu de passer aux lettres capitales.
WIRED rapporte que le cherokee a été la première langue autochtone d’Amérique du Nord intégrée à iOS, en 2010. Le magazine indique aussi que iOS 26 comprenait notamment le créole haïtien et le nez-percé, et que iOS 27 prenait en charge le blackfoot, le comanche et le cri de l’Est du Nord.
Le clavier wixárika sur les appareils Apple
Dans une annonce datée du 11 avril 2026, l’Universidad de Guadalajara a décrit un clavier wixárika conçu avec Apple, le Centro Universitario de Arte, Arquitectura y Diseño (CUAAD) et Preparatoria Wixárika. L’université indiquait qu’il était disponible sur iPhone, iPad et Mac sous iOS 26, iPadOS 26 et macOS 26 ou versions ultérieures, et préinstallé sur les appareils équipés de ces versions. Le professeur Rafael Cázares Gómez estimait à plus de 50 000 le nombre de locuteurs du wixárika dans les États de Jalisco, Nayarit, Durango et Zacatecas. (Universidad de Guadalajara)
Ajouter un clavier disponible sur iPhone
Pour ajouter une langue, ouvrez Réglages > Général > Clavier > Claviers > Ajouter un clavier, puis choisissez-la dans la liste. Apple détaille ce parcours dans son guide d’utilisation de l’iPhone. Pendant la saisie, maintenez le bouton du clavier ou du globe, puis touchez le clavier voulu pour changer de langue, comme l’indique le guide Apple pour passer d’un clavier à l’autre.
Un clavier disponible permet de saisir du texte dans une langue ; cela ne signifie pas que les menus, Siri ou les applications sont entièrement localisés dans cette langue.