La farine de poisson est un ingrédient obtenu en cuisant, pressant, séchant et broyant du poisson ou des coproduits de transformation, comme le décrit FoodUnfolded. Certains aliments destinés aux élevages aquacoles en contiennent, avec de l’huile de poisson et des ingrédients végétaux. Les besoins varient selon les espèces et les systèmes d’élevage.
Du poisson sauvage aux granulés aquacoles
Lors du pressage, l’huile est séparée du liquide produit ; la farine peut ensuite être mélangée à d’autres protéines et huiles pour former des granulés. Une partie de ces ingrédients marins provient de poissons sauvages, notamment de petits poissons pélagiques. Les moules, huîtres, palourdes et coquilles Saint-Jacques, elles, n’ont pas besoin d’aliments fabriqués.
Ce que comptent les chiffres mondiaux
The Outlaw Ocean Project dit avoir cartographié 1 414 usines de farine de poisson dans 64 pays. Son outil Bait to Plate suit cinq étapes de la chaîne : navire, usine, fabrique d’aliments, ferme aquacole et point de vente. Le projet décrit cet inventaire et l’outil de traçage.
Dans une enquête de The Outlaw Ocean Project publiée par The New York Times le 8 octobre 2026, les journalistes ont identifié plus de 2 400 navires liés à la production de farine de poisson. L’enquête estime à plus de 10 000 navires la flotte mondiale élargie. Ces chiffres portent sur des périmètres différents : les usines cartographiées, les navires identifiés comme liés à la production et l’estimation de la flotte entière. L’enquête détaille ces décomptes.
Au Sénégal, des usines achètent aussi du poisson entier
Le reportage de The Outlaw Ocean Project au Sénégal décrit des usines qui achètent du poisson entier aussi bien que des résidus de transformation. Lorsque les marchés locaux sont saturés, ces acheteurs peuvent maintenir la demande au-delà de la pause commerciale qui se produisait auparavant. À l’échelle de la Mauritanie, du Sénégal, de la Guinée-Bissau et de la Gambie, le projet recense plus de 50 usines et estime leur consommation totale à environ 500 000 tonnes de poisson par an. Le reportage sénégalais décrit ces achats et leur contexte.
Le même reportage rapporte des évolutions sur trois périodes distinctes : entre 2009 et 2018, la disponibilité des petits poissons pélagiques sur les marchés locaux a diminué d’un tiers et leur consommation par habitant a été divisée par deux ; entre 2019 et 2025, les prix du poisson frais et séché ont plus que doublé. Les exportations sénégalaises de farine de poisson ont, elles, plus que doublé entre 2022 et 2023. En 2023, les exportations de farine et d’huile de poisson ont rapporté plus de 19 millions de dollars, selon le projet.
Les aliments de remplacement ont aussi leurs limites
La farine d’insectes, les algues, les protéines microbiennes et les coproduits de transformation figurent parmi les ingrédients étudiés pour remplacer ou réduire les apports marins. Dans un article publié le 14 décembre 2022, FoodUnfolded estimait que les coproduits représentaient 27 % de la farine de poisson et 48 % de l’huile de poisson. Le média relève aussi, pour la farine d’insectes, des contraintes de digestibilité, de composition en acides aminés et de capacité de production.
Les ingrédients végétaux ne font pas disparaître tous les compromis liés aux ressources. Dans un modèle consacré à l’alimentation des crevettes, Sustainable Fisheries UW estimait en 2019 qu’une substitution maximale par cinq cultures augmenterait de 63 % l’utilisation d’eau douce, de 81 % celle des terres et de 83 % celle du phosphore, par rapport aux niveaux actuels associés à ces cultures. Les résultats du modèle décrivent ce scénario précis, pas les pratiques de toutes les fermes.