Certains historiens pensent que le Morpion remonte à l'époque de l'Empire romain. D'autres le situent plus loin encore, jusqu'à l'Égypte ancienne. Mais le vrai problème réside dans la version moderne du Morpion : il est prévisible et ennuyeux. Avec les bons coups, il est impossible de perdre. Cela révèle une faille fondamentale dans le Morpion, et la seule façon de la corriger est de modifier ses règles, créant ainsi des variantes entièrement nouvelles.
Le super-ordinateur WOPR l'a déjà dit à l'époque : la meilleure décision est de ne pas jouer. Le Morpion nous amène à la même conclusion une fois que nous avons accumulé suffisamment d'expérience. Nous avons peut-être perdu un ou deux jeux étant enfants, mais avec des règles si basiques et limitées, la seule solution optimale est de forcer le match nul, encore et encore et encore... ou d'ignorer complètement le jeu.
Mais quel est le problème de fond du Morpion ? Le mathématicien Thane Plambeck l'explique simplement dans une vieille vidéo de Numberphile : l'inévitabilité du match nul est ce qui casse le jeu. Par conséquent, toute tentative de le réparer doit éliminer le match nul comme option valable. Comment y parvenir ? Un saut logique serait d'agrandir le plateau de Morpion pour qu'il soit en 4x4, 5x5, ou plus grand. Une autre possibilité est d'ajouter une troisième dimension, bien que la configuration 3x3x3 garantisse la victoire du premier joueur (dans une partie à deux) s'il prend la position centrale.
Cependant, il existe une voie bien plus intéressante, connue sous le nom de Morpion inversé (ou « misère »). Quelle est sa particularité ? D'abord, celui qui aligne trois symboles perd. Ensuite, il existe une variante impartiale dans laquelle les deux joueurs ne peuvent jouer que des X. Néanmoins, ce n'est pas une solution complète : tout ce que le premier joueur doit faire pour gagner dans ces conditions est de prendre la position centrale et de refléter les mouvements de son adversaire (en « misère » normal), ou de répondre en suivant un motif en L si c'est en « misère » impartial (comme le cavalier aux échecs).
La « proposition » de Plambeck... c'est le Notakto. Qu'a-t-il de spécial ? Les règles de base du Notakto sont identiques à celles du Morpion « misère » impartial... mais on joue sur trois plateaux à la fois. Chaque fois qu'un Morpion se forme sur un plateau, il est déclaré « mort », et le gagnant est déterminé par le résultat du dernier plateau en jeu. Cela ouvre un éventail de possibilités plus large, puisqu'un joueur peut adopter une posture plus agressive et « tuer » rapidement les deux premiers plateaux, pour éviter le Morpion sur le troisième.
https://old.neoteo.com/el-juego-de-monopolio-mas-corto-posible-video/Un expert en Notakto doit être capable de reconnaître différents motifs de X sur les plateaux et d'exploiter chaque erreur de l'adversaire. Intéressé ? Il existe une application pour cela ! Notakto est disponible sur iOS et Android, gratuitement. Et qu'en est-il du reste ?
Morpion numérique
Une alternative frappante est le Morpion numérique. Au lieu de X et de O, les joueurs utilisent des nombres de 1 à 9. L'un joue avec les pairs, l'autre avec les impairs (il n'est pas permis de répéter les nombres), et l'objectif est de faire 15 points sur une ligne, ou on peut le jouer en « misère » et inverser cette condition. Le Morpion numérique est une création de Ron Graham, et ce document inclut d'autres variantes.
Morpion sauvage
Également connu sous le nom de Morpion du diable, cette variante ajoute une couche de flexibilité, permettant aux joueurs d'utiliser X et O quand ils le jugent opportun. Avec le double d'options à considérer et la possibilité de jouer en « misère », c'est une option bien supérieure au Morpion normal.
Super Morpion
Un plateau géant de Morpion, et chacune de ses cases contient un Morpion miniature. Pour marquer un X ou un O sur ce Morpion géant, les joueurs doivent d'abord gagner dans le petit Morpion... ou perdre si c'est leur stratégie. Le X détermine le plateau sur lequel O doit jouer (en d'autres termes, il « suit » le mouvement), et vice versa. Par exemple : si X commence dans le coin supérieur gauche du plateau central, O doit jouer quelque part dans le plateau supérieur gauche.
Et voilà. De quelque chose d'ennuyeux et de prévisible comme le Morpion normal peuvent surgir de véritables cauchemars qui vous feront souffrir, vous et vos adversaires, pendant des jours. Amusez-vous bien !
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