Précédemment, nous avons exploré des options pour jouer à Doom dans un BIOS, dans le Bloc-notes, avec un scanner à ultrasons, et même à l'intérieur de lui-même. Mais ce que nous avons ici aujourd'hui est un hack que l'on peut qualifier d'« officiel » à certains égards : Doom en mode multi-moniteur. Avec la bonne version et le matériel suffisant, les joueurs pouvaient connecter quatre ordinateurs en réseau et les utiliser comme drones pour étendre l'écran… en 1993 !
Doom n'est pas seulement l'un des piliers fondamentaux du genre FPS. Le jeu est arrivé sur le marché avec des prouesses technologiques impressionnantes qui ont complètement révolutionné le concept des parties multijoueurs. J'ai eu le privilège de vivre cette époque dorée du multijoueur maison et local, d'abord avec un câble série, puis en utilisant le port parallèle, et enfin avec des cartes réseau via LSL et IPX. Outre le gain de vitesse, monter un LAN faisait passer le nombre de joueurs par partie de deux à quatre. Les sessions de deathmatch avec fusils à pompe et lance-roquettes, le volume au maximum, étaient la gloire, mais il fallait être très respectueux avec les câbles coaxiaux : si on les regardait de travers, ils faisaient une crise d'anxiété et perdaient la connexion.
Cependant, ce n'était pas tout ce que l'on pouvait faire avec Doom. Shelby de la chaîne Tech Tangents nous rappelle que la version 1.1 du jeu (premier release enregistré) disposait d'un support multi-moniteur… mais pas de la façon que l'on imagine. Il faut au minimum trois ordinateurs en réseau sous MS-DOS pour que cela fonctionne, dont deux réduits à des drones. Sa dernière vidéo nous montre le processus de configuration…
Jouer à Doom en mode multi-moniteur sous MS-DOS
… mais la première chose à comprendre des ordinateurs rétro, c'est que les choses ne sortent jamais comme prévu. Dans une section de la vidéo, Shelby vérifie que les quatre ordinateurs Pentium 4 avec cartes mères Intel (un matériel excessif pour cette tâche) fonctionnent correctement, mais découvre aussi que l'une des unités de disquette détruit les disques, il a donc recours à un émulateur Gotek pour installer le logiciel nécessaire.
Le défi suivant est celui des pilotes, et comme on pouvait s'y attendre de la part d'Intel, il n'y avait pas de fichiers appropriés sur son site. Shelby a trouvé un pilote compatible sur la page de support de Lenovo, dans un paquet pour ordinateurs portables ThinkPad.
La configuration des cartes réseau sous MS-DOS n'est pas compliquée, même s'il faut connaître les lignes à éditer dans le fichier CFG et l'ordre d'exécution correct. La première dépend de chaque carte, mais la seconde est LSL -> pilote -> IPX. L'installation de Doom ne pose aucun problème, sauf l'absence de son (la carte testée est PCI, un casse-tête éternel sous ce système d'exploitation) et l'excès de vitesse dans le jeu au lancement de la partie en réseau. Une fois que Shelby a activé le mode multi-moniteur, tout s'est normalisé.
Le résultat final est une excellente configuration avec trois moniteurs, gauche-centre-droite utilisant un décalage de 90 degrés, et un quatrième moniteur avec l'automap chargé. La présence du lance-roquettes et de la chaingun dans E1M1 attire beaucoup l'attention, mais le mode multi-moniteur est techniquement une partie multijoueur, ce qui active des armes supplémentaires dans le niveau. Encore une fois, pas de mods, ni de ports, ni de correctifs : c'est Doom dans sa version 1.1 originale, sur MS-DOS natif. En fait, il y a un bug dans l'automap qui oblige ce quatrième ordinateur à « voir » la carte avant de présenter les données (rendant l'automap non pertinent). La vidéo est un vrai plaisir rétro, et si vous avez une demi-heure de libre, vous ne pouvez pas la manquer.