Le embargo officiel est terminé et, comme prévu, les premiers benchmarks de la GeForce RTX 5090 ont pris d'assaut le Web. Avec plus de 20 000 cœurs CUDA, 32 Go de VRAM en GDDR7, 512 bits de bande passante et un TDP qui frôle les 600 watts, Nvidia nous rappelle qu'elle n'a essentiellement aucune concurrence dans l'espace haut de gamme. Il reste cependant une question à résoudre : ce saut générationnel peut-il justifier un investissement de 2 000 dollars (!) dans une carte graphique ?

GeForce RTX 5090 : le nouveau monstre graphique de Nvidia
GeForce RTX 5090 : le nouveau monstre graphique de Nvidia

Il faut reconnaître que la vague d'enthousiasme pour le nouveau matériel graphique n'est pas aussi grande que d'habitude. La seule chose qui a un peu fait bouger l'aiguille a été le lancement des cartes Battlemage d'Intel (complètement épuisées, dois-je ajouter), mais le reste suggère que nous sommes entrés dans l'ère des « fausses cartes », car elles se comportent comme des upscalers glorifiés avec des générateurs d'IA.

Et pourtant, Nvidia a présenté sa GeForce RTX 5090, l'une des premières cartes grand public sous l'architecture Blackwell. Ses spécifications sont vraiment impressionnantes (92 milliards de transistors, 21 760 cœurs CUDA, 32 Go de VRAM en GDDR7, et 512 bits de bus), mais nous savons tous que la vérité se révèle à travers les benchmarks. Que peut-elle faire exactement ?

GeForce RTX 5090 : la nouvelle reine… à la force brute

Les reviews des principaux youtubers sont excellents, mais pour une version abrégée, il faut absolument passer par le canal d'Optimum. Dans des conditions normales de rasterisation et dans certains cas de ray tracing, la GeForce RTX 5090 augmente ses performances de 27 pour cent en moyenne par rapport à une 4090, bien qu'il y ait des cas où elle enregistre un saut de plus de 40 pour cent. Le « problème » c'est que cette amélioration se paie en consommation d'énergie : les optimisations d'efficacité annoncées par Nvidia sont fondamentalement un mythe.

GeForce RTX 5090 : le nouveau monstre graphique de Nvidia
Black Myth et Cyberpunk apparaissent ici avec RT+DLSS. Hellblade 2 et STALKER 2 utilisent DLSS Balanced. Le reste est natif.

Optimum présente deux exemples, Forza Horizon 5 et God of War : Ragnarök. « Forza » passe de 140 FPS à 185, soit une augmentation de 32 pour cent (toujours par rapport à la 4090). Mais si on examine de près sa consommation… elle augmente de 42 pour cent. « God of War » est dans une situation similaire : le fait que la 5090 frôle les 200 FPS en 4K Ultra natif mérite d'être souligné, mais elle reste très proche du plafond de 575 W. Inutile de dire que les alimentations de 1000 W ont cessé d'être un luxe. Avec ce genre de matériel, elles sont une nécessité.

GeForce RTX 5090 : le nouveau monstre graphique de Nvidia
Le réacteur nucléaire devrait être offert…
GeForce RTX 5090 : le nouveau monstre graphique de Nvidia
… je suppose que Kratos demande du pouvoir. (?)

Alors, qu'est-ce que Nvidia attend de nous ? Évidemment, que nous activions la génération de frames. Le nouveau mode « Multi-FrameGen » peut multiplier par quatre les frames supplémentaires. En substance, l'idée est que le joueur monte les graphismes et le ray tracing au maximum, applique un verrouillage à 60 FPS, puis active la génération de frames en 4X, une condition pensée pour les moniteurs 240 Hz. L'œil entraîné ne tardera pas à détecter des artefacts et la latence ne disparaîtra pas, mais ce n'est pas si mauvais, du moins dans les jeux solo.

GeForce RTX 5090 : le nouveau monstre graphique de Nvidia
Le générateur de frames a-t-il de la latence ? Oui. Est-ce terrible ? En réalité… ça dépend.
GeForce RTX 5090 : le nouveau monstre graphique de Nvidia
Les graphiques officiels de Nvidia sont… une interprétation très colorée. La clé est dans le texte gris, en bas.

En résumé, la GeForce RTX 5090 est la carte graphique la plus rapide et la plus puissante du marché, mais il n'y a pas de miracle ici. Presque tout le marketing de Nvidia repose sur des conditions « optimisées » avec génération de frames, ce qui équivaut à comparer des pommes avec des photos de pommes. Et rien ne va changer : ceux qui peuvent investir plus de 2 000 dollars dans du matériel (et je dis « plus » parce que ce « USD 1 999 » annoncé va s'envoler) le feront sans hésiter, mais ceux qui ont déjà une 4090 le prendront probablement avec beaucoup de calme. De plus, certains réclament déjà que cette carte aurait dû être une « 4090 Ti », et je pense qu'ils ont raison.