KyTyPS5 franchit une nouvelle étape avec Demon’s Souls Remake, rapporté entre 10 et 18 images par seconde sur un build récent, et Astro Bot, autour de 11 images par seconde avec des défauts de rendu importants. Ces résultats montrent qu’un émulateur PS5 peut désormais afficher des jeux 3D complexes, mais ils ne transforment pas encore ces titres en jeux jouables au quotidien. Même Grand Theft Auto V, pourtant monté à environ 40–60 FPS dans une partie de son ouverture, plante encore rapidement.

La nouvelle étape de KyTyPS5

KyTyPS5 est un émulateur PlayStation 5 libre et open source, écrit en C++. Le projet prend en charge Windows x64 et Linux x64, tandis que la version macOS reste expérimentale. Sa documentation le décrit comme étant à un stade précoce et prévient que les plantages, les défauts graphiques, la faible compatibilité et les mauvaises performances font encore partie du paysage.

Le progrès récent est donc surtout un progrès de compatibilité. Afficher une scène 3D, des personnages, une interface et des effets en temps réel demande déjà à l’émulateur de franchir plusieurs obstacles techniques. Mais afficher une scène n’équivaut pas à maintenir une partie stable du début à la fin. C’est toute la différence entre une preuve de fonctionnement et une véritable plateforme de jeu.

Demon’s Souls Remake et Astro Bot restent des démonstrations

Un build récent de KyTyPS5 a été rapporté entre 10 et 18 FPS dans Demon’s Souls Remake. Une observation antérieure situait le jeu autour de 2 FPS, mais ces deux résultats correspondent à des builds et à des conditions différentes : il serait donc trompeur d’en tirer un pourcentage d’amélioration précis.

Astro Bot a de son côté été observé autour de 11 FPS, avec d’importants défauts de rendu. Le jeu atteint ainsi une forme d’exécution technique, mais pas une expérience normale de jeu. À ce niveau de fluidité, les mouvements et les réactions deviennent difficiles à suivre, tandis que les erreurs graphiques rappellent que la compatibilité reste en construction.

Voici ce que montrent les différentes démonstrations, sans mélanger leurs scènes, leurs jeux ni leurs émulateurs :

Jeu et émulateurÉtat observéPerformances rapportéesCondition ou limite
Demon’s Souls Remake — KyTyPS5Rendu de scènes du jeu10–18 FPSBuild récent, observation datée, pas une mesure universelle
Astro Bot — KyTyPS5Exécution avec défauts graphiquesEnviron 11 FPSRendu fortement dégradé, pas une expérience normale de jeu
Grand Theft Auto V — KyTyPS5Partie de l’ouverture de North YanktonEnviron 40–60 FPSLe test plante avant le premier échange de tirs
Grand Theft Auto V — KyTyPS5Test distinct dans le monde ouvertMoins de 15 FPSLe test plante ensuite ; cette valeur ne doit pas être fusionnée avec celle de North Yankton
Astro’s Playroom — SharpEmuSéquence d’introduction et de chargementEnviron 0,5–1 FPSSteam Deck, séquence limitée et injouable

GTA V atteint 40–60 FPS dans une séquence limitée

La démonstration de la version PS5 de Grand Theft Auto V reste le résultat le plus spectaculaire visuellement. Dans l’ouverture située à North Yankton, KyTyPS5 a affiché environ 40 à 60 FPS sur un PC haut de gamme, avec des environnements en 3D, des personnages, le son, l’interface et le contrôle direct du personnage.

La limite apparaît immédiatement lorsqu’on regarde la portée réelle du test : le programme plante près de la porte menant à la rencontre avec la police, avant la première fusillade. Un autre essai a atteint le monde ouvert à moins de 15 FPS, avant une remontée ponctuelle vers environ 45 images par seconde pendant une cinématique en temps réel entre Franklin et Lamar, puis un nouveau plantage.

Ces chiffres ne décrivent donc pas les performances générales de GTA V. Ils correspondent à des moments distincts, dans des builds et des situations différentes. Le résultat est intéressant parce qu’il montre que KyTyPS5 commence à traiter un grand jeu 3D en temps réel ; il ne constitue pas une raison pratique de remplacer la version PC native de GTA V.

Pourquoi les plantages comptent davantage que le chiffre d’images par seconde

Pour un émulateur, le nombre d’images par seconde ne raconte qu’une partie de l’histoire. Une séquence à 60 FPS qui s’arrête quelques minutes plus tard ne fournit pas la même expérience qu’une partie stable. Il faut aussi que le jeu progresse correctement, que les scènes s’enchaînent, que les commandes restent utilisables et que les erreurs de rendu ne bloquent pas l’action.

KyTyPS5 avance précisément sur cette frontière. Le projet parvient à dépasser le simple écran de menu avec plusieurs titres, mais sa propre documentation prévient que la compatibilité peut évoluer fortement d’un build à l’autre. Pour l’instant, le bon réflexe consiste à lire ces résultats comme des jalons techniques, pas comme une liste de jeux prêts à installer et à terminer.

Ce que cela change pour les joueurs PC

Pour jouer à Grand Theft Auto V sur PC, la version native reste la solution pratique. L’intérêt de KyTyPS5 est ailleurs : il permet d’observer l’évolution de l’émulation PS5 et les difficultés que pose le rendu de jeux modernes conçus pour cette console.

Le projet s’adresse donc surtout aux passionnés qui suivent la compatibilité et le développement des émulateurs. Pour un joueur qui cherche une expérience stable, les plantages de GTA V, les 10–18 FPS de Demon’s Souls Remake et les défauts de rendu d’Astro Bot dressent encore une limite très nette.

GTA VI n’est pas encore concerné

Les progrès réalisés avec Grand Theft Auto V ne prouvent pas que GTA VI fonctionnera bientôt dans un émulateur PS5. Aucune démonstration ne montre actuellement GTA VI en fonctionnement dans KyTyPS5, et aucun calendrier fiable ne permet d’annoncer une telle compatibilité.

Le bilan est néanmoins important : KyTyPS5 ne se contente plus d’afficher des menus. Il commence à rendre des portions de jeux PS5 complexes, parfois à une cadence impressionnante, mais avec des plantages et des défauts qui empêchent encore une utilisation normale. La prochaine étape ne sera pas seulement de faire apparaître davantage d’images à l’écran : ce sera de tenir une partie stable, complète et réellement jouable.