Cordyceps unilateralis est devenu célèbre sous le surnom de « le parasite qui zombifie les fourmis ». Le web a largement diffusé des centaines d'images montrant des fourmis complètement asservies et contrôlées par un champignon monstrueux qui sort de leur tête. On a d'abord cru que le champignon exerçait une sorte de contrôle mental direct sur la fourmi. Cependant, une nouvelle étude publiée par les universités de Pennsylvanie et de Notre-Dame indique que le champignon laisse le cerveau de la fourmi intact et se comporte davantage comme un « marionnettiste ».
Différentes formes de parasitisme
Il existe différents types de parasitisme, et certains sont bien plus effrayants que d'autres. Parmi les variantes plus légères, on trouve le parasitisme de couvaison, où certains oiseaux volent essentiellement des nids et confient l'élevage de leur progéniture à d'autres espèces. Mais il y a aussi des cas comme celui de Cymothoa exigua, un isopode qui se fixe à la langue des poissons et la remplace entièrement, les guêpes parasitoïdes (très appréciées dans le contrôle des nuisibles) qui injectent leurs œufs dans d'autres insectes... et notre « ami » le champignon, Cordyceps unilateralis.
Une fois que le champignon prend le contrôle d'une fourmi (qui appartient généralement à la tribu des Camponotini), il l'oblige à quitter son nid et à se fixer définitivement sur la surface d'une feuille. À partir de là, le champignon ne fait que croître jusqu'à traverser la tête de la fourmi et atteindre les conditions nécessaires pour libérer ses spores, répétant ainsi le cycle. Le processus complet peut prendre dix jours, et il fascine les scientifiques, non seulement pour son potentiel médicinal, mais aussi parce qu'ils veulent savoir exactement comment le champignon opère. En raison de sa croissance sur la tête de la fourmi, Cordyceps unilateralis a été identifié à plusieurs reprises comme « le parasite cérébral »... mais il n'en est rien.
Une nouvelle étude
Une nouvelle étude menée par des chercheurs des universités de Pennsylvanie et de Notre-Dame a combiné la puissance des microscopes électroniques, la visualisation tridimensionnelle, l'intelligence artificielle et l'apprentissage automatique. Elle établit que Cordyceps unilateralis laisse le cerveau de la fourmi virtuellement intact et contrôle les actions de son hôte en infiltrant les fibres musculaires. En d'autres termes, c'est « un champignon en costume de fourmi », qui manipule sa victime de manière périphérique.
Ce constat soulève plus de questions que de réponses. Pourquoi le champignon n'intervient-il pas dans le cerveau de la fourmi ? L'affecte-t-il chimiquement, ou suffit-il d'envahir chaque muscle et chaque membre de son corps ? Les chercheurs ont une hypothèse : Cordyceps unilateralis aurait besoin que la fourmi reste vivante pour se déplacer jusqu'à son lieu définitif. Une autre possibilité est que le champignon requière une certaine « puissance de calcul » provenant du cerveau. Le fait est que la fourmi zombie n'est pas totalement zombie, et le parasite cérébral ne fonctionne pas de cette manière. Personnellement, je me sens beaucoup plus mal à l'aise maintenant, sachant que la fourmi n'est pas un zombie inconscient, mais qu'elle est envahie et conquise au niveau musculaire. Cela dit, voici de quoi alimenter vos cauchemars. Des images !
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