La Bambu Lab H3C s’adresse surtout aux projets qui enchaînent couleurs et matériaux : ses neuf outils restent chargés, et des essais attribués rapportent des transitions de quelques secondes ainsi que l’impression de TPU très souple. En contrepartie, les durées et la purge varient selon le modèle, et une unité testée a rencontré des pauses d’alimentation dans une situation précise.
Neuf outils pour garder plusieurs filaments prêts
Le système Swaptek de la H3C change d’outil plutôt que de faire passer chaque filament dans une unique tête. La configuration décrite par Tom’s Hardware comprend huit outils pour du filament de 1,75 mm et un outil distinct pour le 2,85 mm. Ce dernier n’est pas une simple buse de remplacement : il possède son propre trajet de filament. Le système FlexFeed prend en charge les deux diamètres.
Le chargeur AMS 3H, intégré au sommet de l’imprimante, accueille neuf bobines. Deux emplacements disposent d’un séchage pouvant atteindre 85 °C. Sept ont un passage de dérivation pour le TPU ; les emplacements 2 et 4 n’en ont pas. L’ensemble mesure 330 × 320 × 325 mm de volume utile, selon la fiche technique officielle de Bambu Lab.
Bambu Studio permet aussi d’affecter des diamètres de buse différents aux outils et de planifier des hauteurs de couche adaptées à chacun. Bambu Lab illustre cet usage avec un cadran imprimé à 0,2 mm, un boîtier à 0,4 mm et un outil de 0,4 mm dédié au TPU.
| Caractéristique | Bambu Lab H3C |
| Outils de la configuration décrite par Tom’s Hardware | 8 pour le filament de 1,75 mm et 1 pour le 2,85 mm |
| Volume utile | 330 × 320 × 325 mm |
| Température maximale des buses | 350 °C |
| Chauffage actif de la chambre | Jusqu’à 65 °C |
| Emplacements de bobine de l’AMS 3H | 9, dont 2 dans la chambre de séchage, jusqu’à 85 °C |
| Passage de dérivation pour le TPU | 7 emplacements sur 9 |
Temps d’impression et purge : des résultats propres à chaque projet
Dans ses essais, CNC Kitchen a mesuré des transitions outil à outil de 6 à 7 secondes lors des changements courants avec amorçage. Elles dépassaient légèrement 10 secondes lorsque l’outil imprimait aussi le contour extérieur de la tour de purge. Après près de 400 heures d’utilisation, le testeur estimait le gain de vitesse sur des impressions courantes à environ 10 % par rapport aux H2C et H2D : nombre de travaux restent limités par le débit volumique, c’est-à-dire la quantité de plastique extrudée par seconde.
Bambu Lab annonce un maximum de 38 mg de purge par changement dans ses conditions d’essai internes optimales. Sur des impressions complètes, Denise Bertacchi, de Tom’s Hardware, a relevé 68 g de purge pour un dragon à huit couleurs, en moins de 24 heures, avec des couches de 0,2 mm et une vitesse moyenne de 140 mm/s. Sur une autre impression, une figurine à neuf couleurs a demandé 15 h 12 min et produit 152,6 g dans la tour de purge, avec des couches de 0,2 mm et les réglages par défaut. Les 38 mg annoncés concernent un changement ; les grammes mesurés par Tom’s Hardware sont des totaux d’impression.
Bambu Lab revendique aussi un débit volumique maximal jusqu’à trois fois supérieur à celui d’une machine de génération précédente utilisant du filament de 1,75 mm, dans les mêmes conditions d’essai. Cette valeur porte sur le débit maximal, tandis que le gain d’environ 10 % estimé par CNC Kitchen concerne la vitesse de travaux réels.
TPU souple : capacités et pauses observées
Bambu Lab annonce une prise en charge du TPU jusqu’à 75A, une mesure de dureté Shore. Stefan Hermann, de CNC Kitchen, a imprimé du TPU Recreus 60A à 10 mm³/s sur son exemplaire. Il a aussi signalé un cas différent : avec une bobine pleine de TPU 90A, la tension du filament dans le passage de dérivation pouvait tirer le filament hors de la zone de fusion d’un outil garé. L’imprimante détectait le problème et se mettait en pause ; il a cessé de se produire lorsque la bobine était partiellement vide.
Davide Sher, de VoxelMatters, a rapporté une impression de chaussure TPU et PLA d’une durée de près de 80 heures, terminée sans interruption. Un bêta-testeur, u/CoolioTheMagician, a détaillé pour deux autres chaussures 908,68 g de TPU 2,85 mm à 28,80 €, 397,10 g de TPU 90A à 14,82 € et 178,45 g de PLA de support à 1,62 €, soit 45,24 € de matière hors électricité. Il précisait que l’achat de PLA en gros avait réduit le coût de ce matériau.
La vidéo en anglais de LayerLabs media montre le changement d’outils, le mélange des couleurs, des impressions et la manipulation du TPU. Son créateur dit avoir reçu gratuitement l’imprimante de Bambu Lab pour publier du contenu sur les réseaux sociaux, et indique que Bambu Lab a approuvé la vidéo.
Chargement, encombrement et incidents rapportés
Le filament classique passe par un chargeur de l’AMS 3H. Avec un filament tiers, le type et la couleur doivent être renseignés manuellement. Après une impression, l’AMS ne retire pas entièrement le filament : la commande de déchargement le coupe et le rétracte en partie, puis il faut tirer le reste à la main. Pour le TPU souple et le filament de 2,85 mm, le chargement se fait manuellement par le passage de dérivation ; le tube Bowden doit être déplacé puis remis en place.
Tom’s Hardware indique que son unité pesait 36,28 kg et qu’il fallait prévoir 1 306 mm de hauteur de fonctionnement. Le testeur a notamment utilisé un marchepied pour atteindre les bobines arrière. Sur cette unité équipée d’un micrologiciel bêta, il a également signalé un moteur pas à pas qui claquait et un outil parfois accroché aux tubes Bowden au point de se déloger pendant de longues impressions multicolores. CNET a rapporté, sur son propre exemplaire, des chutes de supports ou de tours de purge lors de certaines impressions hautes, notamment à 125 % de vitesse.
À qui convient la H3C ?
La H3C se justifie surtout pour qui exploite réellement plusieurs outils, alterne les matériaux ou veut imprimer du TPU très souple. Ses neuf filaments disponibles et ses transitions rapides répondent à ces usages, mais les exemples montrent que le temps total et la purge dépendent du travail lancé. Pour des projets limités à deux matériaux, Tom’s Hardware cite la H2D comme une autre option ; l’intérêt des outils supplémentaires de la H3C dépend alors des impressions prévues.