À la grotte de Sohornu, en Asturies, une estimation préliminaire attribue environ 55 % des protéines alimentaires d’un individu à des ressources marines. L’âge d’environ 8 000 ans avancé pour ces restes est provisoire : les aliments marins compliquent leur datation au radiocarbone.
Sohornu : une estimation centrée sur les protéines
La grotte de Sohornu se trouve à Andrín, dans la commune de Llanes, au nord de l’Espagne. Une mandibule humaine y aurait été découverte en 2024. Les fouilles d’urgence, dirigées par Pablo Arias et Alberto Martínez Villa, se seraient achevées à l’été 2025. Les vestiges auraient été attribués à au moins deux hommes adultes ; un bois de cerf aurait également été retrouvé.
L’estimation d’environ 55 % porte sur la part des protéines de l’alimentation d’un seul individu qui serait d’origine marine. Les isotopes du carbone dans le collagène aident à distinguer les protéines provenant des milieux marins de celles issues des milieux terrestres. Ceux de l’azote renseignent sur la position de l’individu dans la chaîne alimentaire. Cette analyse concerne les sources de protéines, pas un menu détaillé : elle ne restitue pas l’ensemble des lipides et des glucides consommés.
Pourquoi l’âge avancé reste provisoire
L’âge d’environ 8 000 ans associé aux restes est provisoire. La consommation de nourriture marine peut fausser l’interprétation d’une datation au radiocarbone : l’effet réservoir marin peut faire paraître les restes plus anciens. La correction de cet effet compte donc pour établir leur âge.
À El Mazo, des traces de collecte côtière
L’amas coquillier de la grotte d’El Mazo livre un autre type d’indice sur l’alimentation mésolithique en Asturies. Une étude publiée en 2017 a examiné les unités stratigraphiques 114 et 115, datées d’environ 9 000 ans calibrés avant le présent. Elle y a recensé 19 taxons, dont des mollusques, des crustacés et un échinoderme.
Les patelles du genre Patella et le gastéropode Phorcus lineatus représentaient ensemble environ 88 % du nombre minimum d’individus recensés. Les oursins étaient aussi présents : Paracentrotus lividus comptait pour 6,86 % dans l’unité 114 et 10,04 % dans l’unité 115. Environ 99 % des coquilles provenaient de rivages rocheux ; l’étude estime que 75 à 80 % des Patella vulgata avaient été récoltées dans la zone intertidale inférieure.
Ces coquilles documentent les animaux présents dans les dépôts et les lieux de collecte. Elles ne mesurent pas la part des protéines marines dans l’alimentation d’une personne, comme le fait l’estimation rapportée pour un individu de Sohornu.