Selon un compte rendu publié le 3 novembre 2026, Argo Space prévoyait alors deux vols de démonstration de Chiron en 2027. Le système de propulsion décrit pour le véhicule transforme l’eau liquide en hydrogène et en oxygène grâce à l’énergie solaire, puis brûle ces gaz dans un moteur-fusée conventionnel.

Comment l’eau devient un propulseur pour Chiron

Schéma en quatre étapes reliant l’eau liquide stockée à bord à sa séparation par énergie solaire, puis à la combustion de l’hydrogène et de l’oxygène.

Dans le procédé décrit pour Chiron, l’eau sert de matière première : l’électricité solaire la sépare en hydrogène et en oxygène, deux gaz ensuite brûlés pour produire la poussée. L’eau n’est donc pas simplement expulsée du véhicule. Dans une fusée à eau de bouteille, au contraire, de l’air comprimé chasse l’eau par une ouverture pour propulser la bouteille. Les deux systèmes n’utilisent pas le même mécanisme.

Pourquoi Navigator n’a pas testé la propulsion

Lors de la mission de démonstration Navigator, le satellite a établi le contact en orbite, mais l’un de ses deux panneaux solaires déployables ne s’est pas ouvert. Le manque d’énergie qui a suivi a empêché Argo de tester la propulsion. Robert Carlisle, cofondateur et directeur général d’Argo Space, a indiqué que l’entreprise avait néanmoins validé les logiciels de vol et au sol, l’avionique, les structures et les systèmes jusqu’à la qualification en vol.

Deux vols de Chiron visaient des orbites différentes

Le plan rapporté en novembre 2026 prévoyait un premier vol vers l’orbite terrestre basse, puis un second vers l’orbite de transfert géostationnaire, une trajectoire qui permet de rejoindre l’orbite géostationnaire. Argo entendait démontrer la propulsion et les manœuvres entre environnements orbitaux.

Vol prévuOrbite viséeLanceur prévuObjectif annoncé
PremierOrbite terrestre basseNouvelle fusée commercialeDémontrer la propulsion et les manœuvres orbitales
SecondOrbite de transfert géostationnaireLanceur fourni par le gouvernementDémontrer la propulsion et les manœuvres orbitales

Argo attribuait à Chiron une masse d’environ 200 kg et un delta-v supérieur à 2 km/s. Le delta-v désigne le changement de vitesse qu’un véhicule peut fournir. Argo donnait comme exemple le passage d’une orbite circulaire d’environ 400 km d’altitude à une orbite dépassant 5 000 km. Ces valeurs décrivent les capacités annoncées pour Chiron; le vol de Navigator n’a pas mis son système de propulsion à l’épreuve.

Argonaut est un véhicule distinct, destiné au transport spatial. Les caractéristiques rapportées pour celui-ci indiquaient une capacité de charge utile maximale de 1 400 kg et un delta-v maximal de 17 km/s par réservoir.

Argonaut doit livrer Alpine en orbite lunaire

Le 17 septembre 2026, ispace-U.S. a annoncé un accord définitif avec Argo Space : Argonaut doit acheminer Alpine, un satellite relais de Lunar Connect, en orbite lunaire lors de la Mission 2.5. ispace indiquait que celle-ci pourrait être lancée dès 2027. L’annonce officielle d’ispace présente Alpine comme le premier élément orbital de Lunar Connect.

ispace prévoit au moins cinq satellites pour cette constellation, avec des fonctions de communication, de positionnement, d’observation et de connaissance de la situation spatiale. L’entreprise prévoyait le déploiement des autres satellites en orbite lunaire d’ici 2030.