Le 30 octobre 2026, la juge fédérale Debra M. Brown a rejeté la requête de X.AI Corp. et MZX Tech LLC visant à faire rejeter la plainte de la NAACP et de la Mississippi State Conference of the NAACP. Les demandes fondées sur le Clean Air Act, la loi fédérale américaine sur la qualité de l’air, et sur le plan de mise en œuvre du Mississippi peuvent donc suivre leur cours, selon l’ordonnance du tribunal fédéral du district nord du Mississippi.
L’action vise la Colossus Gas Plant, située à Southaven, dans le Mississippi. La plainte affirme que la centrale alimente Colossus 2, le centre de données de xAI à Memphis, dans le Tennessee, et allègue que les entreprises ont construit et exploité les turbines sans les permis requis.
Pourquoi le tribunal a écarté l’argument des sources mobiles
La défense soutenait que les turbines pouvaient relever d’une exception aux permis réservée aux sources mobiles. Le plan de mise en œuvre du Mississippi reprend des règles et définitions fédérales selon lesquelles une source mobile est un véhicule automobile, un moteur non routier ou un véhicule non routier.
D’après la plainte, les turbines n’étaient pas autopropulsées et n’étaient pas destinées à se déplacer pendant leur fonctionnement. Les plaignants allèguent aussi que chacune avait un apport thermique supérieur à 10 MMBtu/h. En examinant la requête, la juge les a considérées comme des turbines de combustion stationnaires, soumises aux règles de permis applicables. Le fait de monter une turbine sur un équipement transportable ne suffisait pas à en faire une source mobile.
La plainte recensait au moins 27 turbines sur le site au 7 avril 2026, pour une capacité de production combinée d’au moins 495 MW. Ces chiffres font partie des allégations soumises au tribunal.
La position de l’agence du Mississippi ne liait pas la juge
Le 29 juillet 2025, le Mississippi Department of Environmental Quality (MDEQ), l’agence environnementale de l’État, avait indiqué à xAI comprendre que les turbines seraient installées sur des unités portables et resteraient sur place moins de 12 mois. L’agence avait alors reconnu sous conditions une possible exemption.
La juge a estimé que cette lettre avait informé les entreprises de la position du MDEQ, mais qu’elle ne liait pas le tribunal et n’empêchait pas les plaignantes de défendre une autre interprétation des règles.
Les autres arguments rejetés et la portée de la décision
Brown a également reconnu à la NAACP et à son organisation affiliée du Mississippi la qualité pour agir au titre du Clean Air Act. Selon son interprétation, la loi n’interdit pas à une association de poursuivre pour défendre les intérêts de ses membres. Elle a aussi rejeté les objections fondées sur l’article II de la Constitution américaine et sur la doctrine de la non-délégation à des acteurs privés : les plaignantes agissent en leur propre nom pour obtenir réparation de préjudices subis par leurs membres, plutôt que d’exercer le pouvoir exécutif fédéral.
Cette ordonnance permet aux demandes de suivre leur cours; elle ne tranche pas définitivement la responsabilité de X.AI Corp. ou de MZX Tech LLC et n’ordonne pas la fermeture de la centrale. La NAACP réclame notamment une injonction, des mesures de contrôle de la pollution et des sanctions civiles pouvant atteindre 124 426 dollars par jour et par infraction. Le tribunal n’a accordé aucune de ces mesures le 30 octobre.
Le 19 octobre 2026, Brown avait rendu une décision distincte sur l’intervention du ministère américain de la Justice et sa tentative de mettre fin à l’action de façon unilatérale. Notre article sur ce volet antérieur en détaille le contexte.